Les entreprises européennes à la traîne de la création de valeur
Pour son dix-septième rapport annuel sur la création de valeur pour les actionnaires (TSR : total shareholder return), le Boston Consulting Group (BCG) sonne l’alarme sur la capacité des entreprises de la zone euro à créer de la valeur. Alors que l’année dernière trois entreprises européennes étaient parvenues à se hisser dans le top 10 global, cette année seule l’irlandaise Jazz Pharmaceuticals y parvient encore. Pour Jérôme Hervé, directeur associé senior chez BCG, « L’Europe est à la traîne, les sociétés européennes sont - globalement - moins attractives et présentent moins d’opportunités d’investissement rentable. A titre de comparaison, le TSR annuel moyen du Dow Jones sur 2010-2014 s'élève à 14% environ, celui du CAC40 plafonne autour de 5,5%. »
Au contraire, les Etats-Unis dominent le classement, avec trois entreprises représentées dans le Top 10 global, dont la première, Pharmacyclis, avec un TSR de 108% sur cinq ans (2010-2014). Leur domination est plus manifeste encore sur le classement des entreprises à large capitalisation (supérieure à 50 milliards de dollars), où ils trustent sept des dix premières places. Pas de surprise pour Jérôme Hervé : « Les USA ont axé leur stratégie économique en priorité sur la création de valeur. Résultat : les grandes entreprises américaines sont aujourd’hui bien plus puissantes que les françaises. Une entreprise comme Apple crée en une seule année l'équivalent de la valeur globale d’entreprises françaises comme Total ou Sanofi ».
Quelques entreprises françaises parviennent à se démarquer dans les classements sectoriels. Plastic Omnium, qui figurait l’an passé parmi les meilleures performances mondiales, conserve sa première place dans le secteur des composants automobiles. Deux français figurent également dans le top 10 de l’aéronautique et de la défense : Zodiac à la troisième place et Safran à la cinquième. Enfin, dans un secteur globalement en souffrance, Imerys est la huitième entreprise minière créatrice de valeur cette année.
Le secteur minier peine en effet particulièrement à délivrer un retour significatif aux investisseurs. Avec l’industrie des métaux, c’est le seul secteur à avoir un TSR médian négatif sur cinq ans, de respectivement -1% et -8%, quand le TSR médian toutes industries confondues s’établit à 14,6%. A l’inverse, le luxe et la bio-pharmaceutique font la course en tête avec des TSR médians de 25 et 24%. Le top 10 de la pharmaceutique parvenant même à délivrer un TSR médian de 51% sur cinq ans.
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