Les débats avec Omnicom pèsent sur la valorisation de Publicis

Le processus de fusion, qui n’a cessé de prendre du retard, fait naître des inquiétudes sur la capacité du futur ensemble à déployer ses synergies
Olivier Pinaud

Ce n’est encore qu’une hypothèse, mais le marché commence à la prendre au sérieux. Annoncé au cœur de l’été 2013, le projet de mariage entre Publicis et Omnicom n’a toujours pas vu le jour. Un retard dû initialement à des processus d’examen par les différentes autorités de la concurrence plus longs que prévu mais qui n’a cessé d’augmenter depuis le premier feu vert accordé par l’administration américaine en novembre 2013. Initialement attendue pour le premier trimestre 2014, la signature définitive de la fusion pourrait ainsi n’avoir lieu au mieux qu’au troisième trimestre de cette année.

«Le vrai risque de baisse (pour l’action) pourrait survenir si le modèle de codirection se révèle inefficace et vient gripper la bonne tendance opérationnelle», expliquent les analystes d’Exane BNP Paribas. Ce scénario de lutte permanente entre les deux anciennes équipes, auxquels les analystes n’accordent toutefois que seulement 10% de probabilité, enverrait selon eux le cours de Publicis à 52 euros. Ces derniers estiment néanmoins que la forte présence des dirigeants de Publicis au capital du groupe (2,2 milliards de dollars contre 100 millions investis par le directeur général et le directeur financier au capital d’Omnicom) limite ce risque, leurs intérêts étant alignés sur ceux des actionnaires ce qui poussera à une mettre en œuvre une gestion rigoureuse, sur le modèle de celle prônée par Publicis depuis sa création.

Plus que le choix de résidence fiscale du futur ensemble, dont l’effet sur la valeur actualisée serait relativement limité, ce mode de gestion, crucial pour la performance opérationnelle et financière d’une agence de communication constituée uniquement de salariés, constitue donc la principale préoccupation actuelle des investisseurs.

Publicis étant perçu plus strict qu’Omnicom sur ce point, le choix du directeur financier, décision sur laquelle le débat n’est toujours pas officiellement tranché entre les deux groupes, constituera un signal fort pour le marché et pour la capacité du futur ensemble à déployer les synergies annoncées. L’adoption par le nouveau groupe de la culture financière de Publicis, scénario central auquel Exane BNP Paribas continue d’accorder une probabilité de 60%, enverrait le cours de l’action à 80 euros.

{"title":"","image":"80975»,"legend":"Indicateurs du secteur publicitaire»,"credit":""}

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...