Les coûts liés au rachat de SFR ont pesé sur Numericable au premier semestre
Si l’activité de Numericable est demeurée soutenue au deuxième trimestre, les coûts financiers liés à l’acquisition de SFR ont fait plonger son résultat dans le rouge. Le groupe fondé par Patrick Drahi a publié hier soir une perte nette trimestrielle de 118,4 millions d’euros, à comparer à un bénéfice de 23,6 millions un an plus tôt. Sur le premier semestre, il accuse une perte de 83,4 millions contre un bénéfice net de 47,2 millions sur la période comparable de 2013.
Le résultat net semestriel a été affecté «par trois éléments non récurrents», à savoir l’augmentation des intérêts financiers liée à la mise en place du financement de l’acquisition de SFR (64 millions d’euros supplémentaires), les frais de remboursement anticipé de la dette existante (109 millions), et la mise en place d’une couverture de changes de la partie libellée en dollars américains de la nouvelle dette du groupe (25 millions d’euros). Le cash flow ressort négatif à hauteur de 61 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année, alors qu’il aurait été positif de 67 millions hors impact de SFR.
«Nos concurrents ont été agressifs au second trimestre», a commenté le directeur financier Thierry Lemaître, ajoutant que cela n’avait pas obéré la capacité du groupe à conquérir de nouveaux clients. Le chiffre d’affaires d’avril à juin a progressé de 3,2% à 336,1 millions d’euros, contre une hausse de 0,6% au dernier trimestre 2013 et de 1% au premier trimestre 2014. La marge brute a représenté 46,6% du chiffre d’affaires, en baisse de 60 points de base d’un an sur l’autre, en raison de l’augmentation des dépenses d’acquisition liée à une croissance de 16% du nombre de nouveaux clients. Cette hausse des abonnés s’accompagne d’une progression de 1,2% de l’ARPU (revenu moyen par abonné) de l’ensemble la base numérique d’abonnés, qui s’établit à 41,90 euros au 30 juin.
Le câblo-opérateur précise que ses objectifs sur la période 2014-2016, indiqués lors de son introduction en Bourse en novembre dernier, deviendront caducs s’il mène à bien comme prévu la reprise de SFR avant la fin de cette année, car ses résultats du quatrième trimestre porteront alors la trace de l’entrée de SFR dans le groupe. Dans le cas contraire, ces objectifs resteraient valides, à savoir une croissance annuelle du chiffre d’affaires de 2% à 5% entre 2014 et 2016, une accélération des investissements et une marge brute d’exploitation ajustée proche de 50% en 2016.
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