Les consultants américains font les frais de la dégradation des relations avec Pékin

Les sociétés publiques chinoises seraient invitées à rompre les liens sur fond de soupçons d’espionnage au bénéfice de Washington
Benoît Menou
Les consultants américains font les frais de la dégradation des relations avec Pékin - Photo : Fotolia
Les consultants américains font les frais de la dégradation des relations avec Pékin - Photo : Fotolia  - 

La qualité des relations entre les deux superpuissances que sont la Chine et les Etats-Unis connaît des hauts et des bas. Les cabinets de consultants américains doivent s’attendre dans ce contexte selon le Financial Times à pâtir d’une sensible dégradation.

Le quotidien britannique cite en effet des sources proches du pouvoir à Pékin indiquant que ce dernier a demandé aux entreprises publiques du pays de rompre leurs liens avec des cabinets comme McKinsey, le BCG (Boston Consulting Group), Bain & Company ou Strategy& (anciennement Booz & Co). Ces consultants seraient soupçonnés d’espionnage au bénéfice du gouvernement américain. L’affaire a de quoi menacer le développement de ces géants mondiaux du conseil au sein d’un marché en forte croissance, quand bien même leurs clients locaux sont avant tout des sociétés privées ou des multinationales. Les sociétés publiques locales représenteraient notamment un tiers de la clientèle de McKinsey, qui emploie 650 personnes dans le pays. Des porte-parole de Strategy& et de Bain ont assuré à Reuters ne pas avoir connaissance de la manœuvre.

Pékin aurait en parallèle la volonté de mettre en place «une équipe de consultants chinois particulièrement attentifs aux systèmes d’information afin de reprendre en main le pouvoir accaparé par les groupes étrangers», selon un conseiller du pouvoir chinois cité par le FT.

Nonobstant la véracité des accusations portées ici par Pékin, cet assaut de défiance entre de plain-pied dans la partie de ping pong engagée entre les deux pays sur le front commercial. La nouvelle initiative chinoise semble répondre à l’inculpation la semaine passée de cinq militaires chinois soupçonnés par le département de la Justice de cyber-espionnage aux dépens de fleurons industriels américains tels Alcoa ou US Steel.

Pékin avait réagi dès jeudi dernier en lançant un nouveau programme dit de sécurité nationale destiné à passer en revue l’ensemble des sociétés étrangères dans des domaines comme l’énergie, la finance ou les communications. L’agence Chine Nouvelle rapporte que Pékin souhaite dans ce cadre interdire l’utilisation par les sociétés publiques du logiciel Windows 8 de Microsoft.

Tout cela après les révélations l’an dernier concernant l’espionnage commercial mené par la NSA, l’Agence de sécurité nationale américaine. Au détriment notamment de la Chine.

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