Les chantiers numériques de Rodolphe Belmer chez TF1 seront nombreux
Rodolphe Belmer prend les rênes de TF1. Une semaine tout juste après l’échec de la fusion entre TF1 et M6, dû à l’opposition de l’Autorité de la concurrence, le groupe TF1 a décidé de changer d’épisode. Rodolphe Belmer arrive chez TF1 pour succéder à Gilles Pélisson, a annoncé vendred le groupe audiovisuel, filiale de Bouygues.
Dans un premier temps, il sera nommé directeur général à partir du 27 octobre prochain tandis que Gilles Pélisson, jusqu’ici PDG, conservera le rôle de président du conseil d’administration durant une brève période de transition jusqu’au 13 février 2023. Rodolphe Belmer deviendra PDG le 13 février 2023 tandis que Gilles Pélisson rejoindra alors le Groupe Bouygues. Il y sera nommé directeur général adjoint, chargé des médias et du développement.
L’arrivée-surprise de Rodolphe Belmer doit marquer l’entrée dans une nouvelle ère. « La fusion est derrière nous : maintenant, l’objectif pour TF1 reste le même, accélérer la transformation, et la ‘plateformisation’ », indique à L’Agefi une source interne à TF1.
Homme de médias
Rodolphe Belmer, 53 ans, est incontestablement un homme de médias. Il a dirigé le groupe Canal+ de 2003 à 2015, avant d’en être écarté lors de la prise de contrôle par son actionnaire de référence actuel, Vincent Bolloré. Mais durant ces douze années, il a vu au plus près les nouveaux enjeux auxquels était confrontée la chaîne cryptée, à commencer par l’arrivée de la plateforme de streaming vidéo Netflix en France, en septembre 2014.
Il a ensuite pris la tête de l’opérateur de satellites Eutelsat, de 2016 à 2021. Puis a quitté ce poste pour tenter de relancer Atos.
Mais la greffe n’a pas pris. Arrivé à la tête de l’entreprise de services numériques au mois de janvier pour mettre en place le plan de restructuration de la société, son départ a été annoncé seulement six mois après, le 14 juin dernier, lors d’une présentation par Atos aux investisseurs de son plan de scission en deux entités juridiques distinctes. Cette rupture illustrait avec éclats le conflit avec Bertrand Meunier, le président non exécutif d’Atos,
Rodolphe Belmer a gardé des connexions précieuses au sein de l’audiovisuel.
Il siège au sein du conseil d’administration de Netflix depuis 2018. Il connaît donc Reed Hastings, le cofondateur et directeur de Netflix, et a vu de l’intérieur la stratégie du leader de la vidéo à la demande sur abonnement. Ce qui pourra lui servir, alors que l’un des chantiers-clés de demain pour le groupe TF1 sera d’amorcer son virage vers le streaming vidéo.
En outre, il est président du Festival Séries Mania depuis 2019. Le groupe TF1 ne sait pas encore s’il pourra conserver ces deux mandats, indique à L’Agefi une source interne.
Stratégie numérique de TF1
Les chantiers à venir ? « Une nouvelle page est à écrire », a souligné Gilles Pélisson dans un message vidéo aux salariés enregistré le 16 septembre, après l’annonce de l’échec de la fusion avec M6. « Cette opération était une réponse à la profonde mutation de notre secteur. Ces défis restent devant nous », souligne-t-il dans cette vidéo dont L’Agefi a eu connaissance.
Il y indique que TF1 est capable de « réinventer (son) futur » grâce à sa « bonne santé » financière et ses « fondamentaux solides ». Parmi lesquels les « développements dans le digital avec MYTF1 », la plateforme de vidéos en streaming gratuite du groupe. Ce dernier a aussi lancé une offre payante sans publicité, MYTF1 MAX, qui pourrait concurrencer, en France, l’offre de streaming vidéo avec publicité que doit lancer Netflix cet automne. Pour remplir les tuyaux et produire des contenus, TF1 compte sur sa société de production Newen, précise encore Gilles Pélisson.
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