Le conseil en transformation numérique, qui a renoncé, l’an dernier, à racheter Atos, repart sur le sentier d’acquisitions plus conformes à sa taille. Tout en continuant à faire miroiter des perspectives de croissance aussi prodigieuses qu’invérifiables.
Alexandre Garabedian, directeur de la rédaction de L'Agefi
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On avait laissé Onepoint à deux doigts de racheter Atos, fin juin 2024. Le David de la transformation numérique avait finalement renoncé in extremis à avaler le Goliath surendetté, de peur d’une indigestion funeste. Depuis, la société est repartie sur le sentier d’acquisitions plus discrètes et conformes à sa taille. La dernière en date, celle du cabinet canadien Logient Nventive, s’accompagne du lancement d’une nouvelle marque en Amérique du Nord, Wepoint. On peut faire crédit au groupe de ses ambitions de développement dans la région, censée représenter à terme un quart de ses revenus. Il est plus difficile de prendre pour argent comptant ses perspectives de croissance prodigieuses et invérifiables.
Le groupe fondé par David Layani ne publie pas ses comptes, mais revendique plus de 500 millions de revenus, une barre qu’il disait approcher il y a deux ans et atteindre l’an dernier. Sa croissance organique se situerait pour cet exercice dans le haut d’une fourchette allant de 5 à 10%. Selon son dernier communiqué, il ambitionne «désormais le milliard d’euros d’ici 4 ans», ce qui constituerait une sacrée performance dans un secteur en proie à la stagnation et aux coupes budgétaires.
Au mois de février, Onepoint dévoilait un plan stratégique dans lequel il était même question de réaliser 1,2 milliard de chiffre d’affaires à cet horizon. En l’espace de sept mois, la perspective de long terme aurait donc été dégradée de plus de 16% ? Non, répond l’entreprise, qui reste fixée sur l’objectif du plan, mais a pris l’habitude de communiquer sur le fameux milliard. Fin 2023, au moment de son irruption au capital d’Atos, elle se disait déjà «en bonne voie» de «dépasser» ce cap dans les quatre ans, soit avant fin 2027. Le raid boursier avorté lui aura donc coûté douze à dix-huit mois de décalage dans son plan de marche.
Dans un passé pas si lointain, David Layani faisait même miroiter 2 milliards d’euros de revenus et un milliard d’acquisitions dans les quatre ans. C’était sur France Info en janvier 2022, et le groupe a l’honnêteté de laisser la vidéo sur son site internet. Rien n’interdit d’afficher dans les médias des business plans mirifiques, surtout lorsqu’on est affranchi des contraintes de transparence des marchés cotés. Ses créanciers s’en accommodent d’ailleurs fort bien. Du fonds Carlyle, qui l’a aidé à ouvrir les portes du marché américain, à BPCE et BNP Paribas, tous appuient le développement de Onepoint. Avec, on l’imagine, des reportings financiers un peu plus consistants entre les mains.
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