Les batteries électriques de Bolloré restent encore difficiles à valoriser
Depuis hier, le groupe Bolloré vend aux particuliers la Bluecar, sa voiture électrique qui équipe depuis décembre 2011 l’offre en libre service de la mairie de Paris. Elle est vendu 12.000 euros pièce, en tenant compte des 7.000 euros de bonus écologique payé par l’Etat, plus un abonnement de 80 euros par mois pour la batterie. Après la mise en place l’an dernier d’une offre aux professionnels, cette commercialisation marque une nouvelle étape dans la construction de la division énergie électrique du groupe Bolloré autour de sa technologie lithium-métal-polymère.
Pour l’instant, les activités dans la voiture électrique, les batteries de stockage d’énergie et les services associés restent très marginales dans le modèle du conglomérat. La division «stockage d’électricité et solutions» de Bolloré, qui intègre également les films plastiques, a dégagé en 2012 un chiffre d’affaires de 215 millions d’euros, bien loin des 5,4 milliards des transports, la première activité de Bolloré, ou des 3,6 milliards de la distribution d’énergie. Néanmoins, selon les analystes de Natixis, le pôle batteries électriques constitue l’un des principaux facteurs de création de valeur pour le groupe.
Aujourd’hui, les analystes n’accordent aucune valeur à cette division batteries dans leur modèle. Lancée en interne, cette activité industrielle a nécessité environ 600 millions d’euros d’investissement ces dernières années, notamment dans la construction de deux usines de batteries, l’une en France, l’autre au Canada, auxquels s’ajoutent près d’un milliard d’euros de coûts d’exploitation. La division reste également encore fortement déficitaire, à hauteur de 250 millions d’euros selon les estimations d’Exane BNP Paribas. D’où la difficulté pour les analystes de la valoriser. Selon Exane BNP Paribas, dans un scénario optimal, la future société Bolloré Blue Solutions pourrait valoir 600 millions d’euros. Mais elle pourrait afficher une valeur négative d’un milliard si elle accumule les pertes au rythme actuel dans les prochaines années.
Afin de trouver une juste valeur, Vincent Bolloré prévoit donc d’introduire d’ici à la fin de 2013 entre 10% et 20% du capital de cette activité, sans forcément lever des fonds. Bolloré Blue Solutions comprend les batteries, les véhicules électriques, les condensateurs, les supercapacités et les automates.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’achemine vers une hausse de taux en décembre
Malgré une décision unanime de ne pas remonter les taux pour l’instant, les gouverneurs de la banque centrale ont envoyé le message d’un nouveau resserrement le 17 décembre. Sauf accident sur la croissance, le mouvement devrait même se poursuivre malgré les hausses de taux longs déjà restrictives. -
Shell et Repsol décident d’accroître leur retour aux actionnaires
Après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus, les deux énergéticiens ont relevé le montant de leurs rachats d’actions. -
Andera Partners investit 60 millions dans Tyls
La société d'investissement prend une participation minoritaire dans le réseau d’expertise comptable dans le cadre d'une opération sponsorless.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Tutti fascisti !« Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
Pour affronter Marine Le Pen, le leader des insoumis cherche à effacer la partie centrale de l'échiquier politique et repousse les socialistes dans le camp des fascistes -
Au nom de la loiCouvre-feux, manifs interdites, drones : nos libertés sous cloche ?
Depuis dix ans, le pouvoir macroniste a multiplié les textes sécuritaires. Avec l’objectif de répondre à la demande croissante d’ordre et d’autorité. Mais au risque de rompre l’équilibre fragile entre sécurité et libertés fondamentales -
Maintien de l’ordre : combien de temps les policiers pourront-ils tenir ?
Les forces de l’ordre, durement éprouvées le 17 octobre, sont sous pression depuis le début du mouvement lycéen il y a cinq semaines. Sans issue politique à l'horizon, combien de temps pourront-elles tenir ?