Les banques américaines raflent la mise dans le M&A français
JPMorgan domine le classement de L’Agefi marqué par le succès des boutiques et la perte de terrain des banques françaises.
Publié le
Florent Le Quintrec
JPMorgan a atteint un volume d’opérations bouclées de 47,6 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année.
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Bloomberg
En berne il y a un an en raison du gel du marché du M&A lié au Covid-19, le moral des banquiers d’affaires est aujourd’hui au beau fixe. Depuis la reprise initiée à la rentrée 2020, les opérations s’enchaînent à un rythme effréné.
Sur les six premiers mois de l’année, le marché français a enregistré un volume de transactions de plus de 46 milliards d’euros, en hausse de 52% sur un an, selon Dealogic. Ce rebond spectaculaire n’est pourtant pas dû à des opérations d’envergure comme il en arrive régulièrement ces dernières années. C’est plutôt la multiplication des transactions de 1 à 5 milliards d’euros qui a porté le marché depuis le janvier. Dans les infrastructures télécoms, Hivory a été repris par Cellnex pour 5,2 milliards d’euros, Circet par ICG pour 3,2 milliards. Dans le secteur financier, BPCE a annoncé le rachat des minoritaires de Natixis pour 3,7 milliards, et Aviva France va être repris par Aema pour 3,2 milliards. Et dans la santé, Cerba Healthcare et DomusVi ont tous deux réorganisé leur capital sur des valorisations supérieures à 4 milliards tandis que Cooper-Vemedia a changé de mains pour 2,2 milliards.
Dans ce contexte, le classement M&A exclusif de L’Agefi des banques conseil portant sur les opérations finalisées entre le 1er janvier et le 30 juin fait la part belle aux banques américaines. Plusieurs méga-deals transfrontaliers annoncés en 2020 voire en 2019 ont été bouclés ce semestre et ont donc mobilisé davantage les banques internationales : l’union de PSA et Fiat Chrysler pour quelque 20 milliards d’euros, la fin du feuilleton LMVH-Tiffany & Co à plus de 14 milliards et le rachat de Bombardier Transport par Alstom pour plus de 7 milliards.
C’est JPMorgan qui a réussi à s’imposer sur la plupart de ces deals pour atteindre un volume d’opérations bouclées de 47,6 milliards d’euros, devant Goldman Sachs (46,5) et Citi (38,6) tandis que Morgan Stanley se maintient dans les cinq premiers (29,6).
Les boutiques, quant à elles, voient leur modèle s’imposer année après année. Messier & Associés a mené les négociations avec Fiat pour le compte de PSA, tandis que Perella Weinberg assistait le conseil de surveillance du constructeur, et Centerview Partners a bouclé le rachat de son client Tiffany & Co par LVMH. En conséquence, ce sont les banques commerciales françaises qui ont souffert, la première d’entre elles, Crédit Agricole CIB, plafonnant au dixième rang.
La banque italienne a réussi à convaincre de nombreux actionnaires d’apporter leurs titres à son offre ces derniers jours. Sa détention directe dépasse désormais le seuil des 30% et même 50% en tenant compte de l’ensemble des produits dérivés à sa disposition.
Le rachat de Mediobanca n’est même pas encore digéré que MPS fait déjà l’objet de multiples spéculations. Toutes voient la plus vieille banque italienne qui a frôlé la faillite au milieu des années 2010 jouer un nouveau rôle majeur dans la consolidation du secteur dans le pays.
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