Les augmentations de capital se font de plus en plus rares
Les entreprises ne semblent pas avoir de gros besoins en capitaux frais. Aujourd’hui, la question semble plutôt de savoir ce qu’elles peuvent faire de leurs ressources préservées pour traverser la crise.
Les généreuses politiques de dividendes et de rachats d’actions mise en place cette année montrent que la prudence prédomine souvent face aux options d’expansion. Les statistiques des marchés de capitaux prouvent également que l’accroissement des bilans n’est pas encore à l’ordre du jour.
Depuis le début de l’année, les montants levés via des augmentations de capital ont reculé de 33% dans le monde à 306 milliards de dollars selon Dealogic. Un plus bas depuis 2006. En Europe, le recul atteint même 62% (56,8 milliards de dollars levés) à en croire les chiffres de Thomson Reuters.
Certes, l’année 2009 constitue une base élevée, nombre d’entreprises s’étant alors précipitées sur le marché à la recherche de capitaux frais pour braver la tempête. Ceci étant, 2010 reste sur des bases bien faibles. En particulier en matière d’émission de titres avec droits préférentiels (DPS). Le marché européen est retombé à des niveaux qui n’avaient plus été touchés depuis 2005. En intégrant l’opération en cours de Michelin, les volumes ne dépassent pas 33 milliards de dollars, contre près de 110 milliards il y a un an. Ainsi, l’Europe ne compte plus que pour 55% des volumes globaux, un plus bas historique, alors même que le marché mondial a été divisé par 2,5 (59,9 milliards).
La fin de l’année promet encore quelques opérations en Europe. Le «pipeline» de deals avec DPS s’élève à 22,8 milliards de dollars (dont 13,3 milliards de dollars pour la seule levée de fonds de Deutsche Bank). Mais il sera loin de combler le retard déjà accumulé.
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