Les administrateurs européens attirent l’attention sur les investisseurs de long terme
Le moment est venu d’une pause réglementaire, jugent les administrateurs de société européens. «Après la crise financière et les réformes qui ont suivi, nous devons entrer dans une phase de consolidation et de stabilité», explique le nouveau président de l’Association européenne des administrateurs (Ecoda), le Suédois Lars-Erik Frosgardh, à L’Agefi.
Les administrateurs jugent que l’on a atteint les limites de l’encadrement des conseils. «Composer un bon conseil d’administration, c’est la quadrature du cercle. Mais dans tous les cas, la qualité des candidats est la clé», a expliqué mardi Lutgart Van den Berghe lors d’une conférence. Et la directrice de Guberna, l’institut belge des administrateurs d’entreprise, d’ajouter: «les entreprises n’ont pas suffisamment de liberté, particulièrement si elles sont cotées».
Ecoda s’attend toutefois à ce que la prochaine Commission européenne «s’intéresse plus aux investisseurs institutionnels» qu’à la gouvernance interne des entreprises, afin d’«encourager des stratégies de long terme». Depuis vingt ans, les incitations notamment fiscales à la détention longue d’actions ont reculé dans l’Union européenne.
Pourtant deux sujets pourraient revenir sur l’agenda si la prochaine Commission européenne le décide, à commencer par le quota impératif de 40% de femmes parmi les membres non exécutifs des sociétés cotées. «Depuis que l’Allemagne a changé de ligne, il semble plus probable que la directive soit finalement adoptée. Mais le contenu final reste très ouvert», explique le président de l’institut des administrateurs suédois. Les administrateurs eux-mêmes sont divisés. Le Royaume-Uni et la Suède notamment plaident contre un quota obligatoire, quand Français et Allemands s’y sont ralliés.
Autre sujet sur la table: le «say on pay». Présenté en avril, cet encadrement des rémunérations du management est peu ou prou calqué sur le régime britannique avec un double vote des actionnaires: l’un sur la politique effective de rémunération chaque année, et l’autre tous les trois ans sur les principes de cette politique explicitant les règles régissant rémunérations variables et fixes, les critères de performance et la nature des «packages» destinés aux dirigeants.
Bruxelles exige aussi la publication du ratio entre rémunération moyenne des salariés et rémunération des dirigeants.
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