Les actionnaires votent la passation de pouvoir chez Engie
Alors que le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a menacé hier de légiférer sur les rémunérations, le conseil d’administration de Renault ayant maintenu la rémunération de Carlos Ghosn malgré un vote négatif des actionnaires, Engie a fait profil bas hier lors de son assemblée générale. Mieux, Gérard Mestrallet, désormais président non exécutif d’Engie, a renoncé à la rémunération de 350.000 euros que lui proposait le comité des nominations et des rémunérations. Cette somme sera versée à la fondation d’entreprise Engie. Il a néanmoins touché comme PDG au titre de 2015, plus de 1,6 million d’euros (1,4 million de fixe et 0,24 million de variable), et s’est vu attribuer des unités de performance pour une valorisation de 1,45 million. Cette rémunération a été approuvée à 94,20% par les actionnaires. Par ailleurs, la modification des statuts, relevant la limite d’âge du président du conseil de 67 à 69 ans, permettant à Gérard Mestrallet de rester en place deux ans supplémentaires, a été adoptée à près de 96%.
Isabelle Kocher, désormais directrice générale d’Engie, seule femme à ce poste au sein du CAC 40, percevra une rémunération fixe de 1 million d’euro et un variable cible de 700.000 euros, pouvant atteindre au maximum 840.000 euros en cas de performance exceptionnelle. Une rémunération environ un tiers en dessous des directeurs généraux de sociétés de taille comparable, a précisé Jean-Louis Beffa président sortant du comité des nominations et des rémunérations. Au titre de 2015, Isabelle Kocher a touché 1,8 million d’euros (0,9 million de fixe, 0,56 million de variable, et 0,37 millions d’abondement dédié à la retraite, en raison de sa renonciation à un régime collectif de retraite supplémentaire) et des unités de performance valorisées 0,59 million. Une rémunération approuvée à 94,63%.
Par ailleurs, les renouvellements pour quatre ans des mandats d’administrateur de Gérard Mestrallet et d’Isabelle Kocher ont été votés à respectivement 94,29% et 99,22%. Sir Peter Ricketts, ancien ambassadeur du Royaume-Uni en France, et Fabrice Brégier, PDG d’Airbus, ont rejoint le conseil, tandis que Lord Simon, 76 ans, et Jean-Louis Beffa, 74 ans, n’ont pas demandé leur renouvellement.
Les six résolutions autorisant des augmentations de capital en période d’offre publique, relevant de la majorité des deux tiers, sont passées plus difficilement avec des scores de 69,94% à 74,84%.
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