Les actionnaires de Bumi rejettent le grand nettoyage prôné par Nathaniel Rothschild
Réunis en assemblée générale extraordinaire dans l’enceinte prestigieuse de l’Honourable Artillery Company, les actionnaires du groupe charbonnier Bumi ont repoussé hier les ardeurs contestatrices de Nathaniel Rothschild. En guerre contre la famille Bakrie, avec l’aide de laquelle il a transformé son véhicule d’investissement Vallar en Bumi avant que l’association ne tourne au vinaigre pour des fraudes supposées, le financier britannique a été largement désavoué. Ses chances de victoire paraissaient incertaines: pointé du doigt par le Takeover panel pour une action de concert avec les Bakrie, Rosan Roeslani, l’un des grands actionnaires de Bumi, avait cédé en début de semaine sa participation de 10% à trois alliés potentiels.
La proposition de Nathaniel Rothschild a été rejetée par 61% des voix. Elle visait à éconduire le directeur général Nick vin Schirnding et le vice-président Julian Horne-Smith. Au total, «Nat» Rothschild comptait pousser vers la sortie douze des quatorze administrateurs du groupe et placer à la tête du conseil le vétéran du secteur Wallace King. Quant à sa nomination au poste d’administrateur exécutif, elle a été repoussée par 64% des suffrages. Seul lot de consolation, il a obtenu la nomination de Richard Gozney au conseil et le départ de Jean-Marc Mizrahi, un ancien de chez Lazard. Samin Tan, un autre investisseur indonésien allié à la famille Bakrie, démissionnera pour sa part de la présidence dès qu’un nouveau président indépendant aura été trouvé.
Les résultats de l’AGE devraient permettre à la famille Bakrie de dérouler ses plans. A savoir, une sortie de Bumi, dont elle détient 23,8% du capital, en échange d’une participation de 10,3% dans la filiale indonésienne PT Bumi Resources. Elle compte ensuite acquérir les 18,9% encore entre les mains de Bumi pour 278 millions de dollars en numéraire. Une scission entre Bumi et PT Bumi Resources est vue par les analystes comme un facteur de soutien pour le cours de Bourse (en recul de 69% l’an dernier), ce qui a sans nul doute joué dans la victoire des Bakrie. Ce montage laisserait Bumi avec une participation de 85% dans Berau, le cinquième producteur indonésien de charbon thermique.
Plus d'articles du même thème
-
Les investisseurs allemands misent déjà sur l'après-guerre
Porté par l'espoir d'une fin prochaine du conflit en Iran et d'un reflux des prix de l'énergie, l'indice ZEW a fortement rebondi en juin, repassant en territoire positif. -
Le gouvernement annonce 655 millions d’euros d’investissements supplémentaires dans l’IA
Dans le même temps que cette annonce, le renseignement intérieur français (DGSI) a décidé de rompre son contrat avec le controversé géant américain de l'analyse de données Palantir pour retenir la société tricolore ChapsVision. -
STMicroelectronics profite de son embellie boursière pour emprunter 1,5 milliard de dollars
Le fabricant de semi-conducteurs, qui a vu son cours de Bourse multiplié par plus de deux en moins de trois mois, utilisera une partie de ces fonds pour rembourser une tranche d'obligations convertibles.
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Gentleman parfumeur et agriculteur
Aurélien Guichard, nez et cultivateur, a choisi, à travers sa marque Matière Première, de produire des fragrances du champ… au flacon. -
In folioAlexandre Guy : la course du rat
Les romans qui mettent en scène un médecin sont légion, ceux qui racontent la glissade d’un personnage en crise aussi. Autant dire qu’Alexandre Guy, en s’aventurant sur ce terrain encombré, n’a pas choisi la facilité. Il s’en sort en dosant parfaitement ses effets -
Le « Brinkmanship », ou le risque du jusqu’au-boutisme en relations internationales
À Evian, Trump brandit la menace tarifaire en pleine négociation sur Ormuz tandis que la Russie attaque Kiev. En relations internationales, « politique de la corde raide » a ses adeptes