Les 7,8 milliards d’euros de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux sont enfin financés

Le contrat de concession entre Vinci et Réseau ferré de France a été signé hier. Le financement prévoit 3 milliards d’euros de subventions publiques
Olivier Pinaud

Des mois de négociations pour parvenir à relier en à peine deux heures Paris et Bordeaux en train en 2018. Réseau ferré de France (RFF) et Vinci ont enfin signé la concession de ligne à grande vitesse (LGV), la plus grande d’Europe selon les partenaires, qui doit faire gagner une heure de temps entre Paris et Bordeaux. La conclusion de ce partenariat public-privé (PPP) achoppait sur la structure de financement du projet, long de 302 kilomètres et qui nécessitera plus de six ans de travaux. L’opération représente un investissement de 7,8 milliards d’euros.

Sur le total, l’Etat, les collectivités locales et l’Union européenne se sont engagés à apporter 3 milliards d’euros de subventions. L’Etat garantira également 1,06 milliard de dette bancaire. RFF contribuera pour sa part à hauteur de 1 milliard. Autre grand contributeur, la Banque européenne d’investissement. L’institution apportera au total 1,2 milliard: 1 milliard de dette, dont 400 millions d’euros de dette garantie par l’Etat dans le cadre du Plan de relance, 200 millions d’euros de crédit non garanti par l’Etat, et près de 400 millions d’euros en crédit relais fonds propres ; plus 200 millions d’euros de garantie LGTT (Loan Guarantee on TEN-T projects). Selon la BEI, cet instrument, mis en place conjointement par la Banque et la Commission européenne, est «utilisé pour la première fois sur un projet français». Les fonds d’épargne garantis par RFF sur 40 ans ajouteront 757 millions. Il s’agit «du prêt le plus important accordé par la Caisse des dépôts au titre des prêts sur fonds d’épargne», précisent les partenaires.

Les groupes privés sont également mis à contribution. Lisea, la société concessionnaire, a souscrit 612 millions d’euros de dette bancaire non garantie. Enfin, 772 millions seront apportés en fonds propres par les actionnaires de Lisea, somme préfinancée par les banques et la BEI. Lisea est détenu à 33,4% par le groupe Vinci, le concessionnaire. La CDC contrôle 25% en direct et via son fonds Infrastructure. Axa Private Equity a pris 19,2% de la structure. Enfin, le solde du capital (21,9%) est détenu par Sojas, un véhicule d’investissement dédié à ce projet. Lisea sera rémunérée par les redevances liées au trafic versées par les entreprises opérant les trains qui circuleront sur la LGV.

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