L’entrée de SFL chez SIIC de Paris pourrait n’être qu’une première étape

Par apport de ses deux tours de La Défense, SFL prendra pied chez son concurrent et pourrait monter au capital quand Realia sortira
Bruno de Roulhac

Lents pourparlers entre SIIC de Paris et Société Foncière Lyonnaise (SFL). Les deux foncières ont simplement annoncé hier en matinée leur «entrée en négociations exclusives», en vue d’une signature avant la fin de l’année.

Dans le cadre de ce projet, SFL apportera deux immeubles de bureaux à SIIC de Paris – «sans dette», précise Nicolas Reynaud, directeur général délégué de SFL – rémunérés par des actions nouvelles SIIC de Paris. Juste après, SFL revendra une partie de ces actions acquises à Realia, moyennant un versement en numéraire, pour détenir seulement 30% du capital de SIIC de Paris. SFL s’est refusé à évaluer ce montant, qui dépendra du niveau d’ANR sur lequel se réalisera l’opération. Pour sa part, Realia se fixe pour objectif de passer sous le seuil des 60% du capital de SIIC de Paris. Cette dernière pourra ainsi prétendre de nouveau au régime SIIC de transparence fiscale dès 2011.

Realia et SFL concluront alors un pacte d’actionnaires, qui fixera notamment «des aspects de gouvernance», ajoute Nicolas Reynaud, mais au titre duquel les deux partenaires n’agiront pas de concert.

SFL apportera les tours «Les Miroirs» et «Coface», ses deux seuls actifs à La Défense, totalisant plus de 48.000 m², et dont la valeur a été estimée autour de 286 millions d’euros par un expert immobilier. «Des actifs non stratégiques pour SFL», explique Nicolas Reynaud.

Si SFL estime que cette opération lui permettra de «sécuriser une position minoritaire significative dans le capital de SIIC de Paris», certains experts n’en voient pas vraiment la pertinence. «Qu’apportera à SFL cette participation minoritaire de 30% ?», s’interroge un analyste. D’autant qu’ «il n’est pas à l’ordre du jour d’envisager maintenant de continuer de monter au capital de SIIC de Paris», a précisé Nicolas Reynaud, directeur général délégué de SFL. Toutefois, «si dans un premier temps cette opération est destructrice de valeur pour SFL à hauteur de la décote de minorité sur les actifs apportés, elle lui permet de prendre pied dans SIIC de Paris, avant d’en prendre le contrôle quand Realia sortira», ajoute un expert.

Par cette opération, SIIC de Paris compte diminuer son ratio d’endettement net sur valeur du patrimoine (loan-to-value), qui était de 41,51% fin juin, contre 36,7% pour SFL. D’aucuns affirment ainsi que l’opération a été largement incitée par les banques espagnoles de Realia....

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