L’enjeu de la transmission va devenir essentiel pour le Mittelstand
Le manque d’entreprises de taille intermédiaire en France a conduit le FSI à commander au cabinet Kohler une étude sur les spécificités du Mittelstand, qui désigne les entreprises familiales de taille moyenne en Allemagne.
Ce rapport, qui vient d’être publié par la Documentation française, montre que l’écosystème mis en place depuis des dizaines d’années outre-Rhin n’est pas transposable en l’état, en raison notamment du périmètre très large d’entreprises que ce terme recouvre.
Si la définition courante retient une limite de 500 salariés (contre 250 salariés pour les PME françaises), il existe un «Mittelstand de classe supérieure» dont le chiffre d’affaires peut atteindre 2 milliards d’euros (contre 50 millions pour une PME) et qui exporte dans le monde entier.
Une partie du succès du Mittelstand est lié à ses choix de financement, qui visent à préserver au maximum l’indépendance de l’entreprise. L’innovation est ainsi financée à plus de 70% sur ressources propres contre 16% pour le crédit bancaire, 7% pour les subventions et seulement 2% pour les participations en fonds propres. La peur de perdre le contrôle de l’entreprise explique un faible recours au capital-investissement.
En accord avec un ancrage territorial particulièrement fort, ces entreprises nouent cependant des relations privilégiées avec une banque principale (Hausbank), souvent une caisse d’épargne ou une banque mutualiste. Cette banque joue un rôle central dans leur financement, en fonctionnant comme un guichet unique entre l’entrepreneur et les institutions publiques. Celles-ci comprennent les banques publiques régionales d’investissement, les sociétés de participation en fonds propres pour le Mittelstand (MBG) et les banques de garantie et de cautionnement (Bürgschaftsbank).
Le principal défi auquel sont confrontées ces entreprises est désormais lié à une démographie déclinante. Ceci se traduit par des difficultés à recruter une main d’œuvre qualifiée ou par la baisse des créations nettes d’entreprises depuis dix ans.
Mais c’est la transmission d’entreprises qui devrait poser le plus de soucis. Selon l’IfM de Bonn, «110.000 entreprises familiales devront changer de main entre 2010 et 2014, principalement à cause de l’âge du propriétaire». Environ 1,4 million de salariés seraient concernés, dont plus de 550.000 dans l’industrie.
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