L'élection présidentielle de 2012 obscurcit la visibilité sur EDF
Henri Proglio a beau ne pas vouloir «répondre du tout aux questions de spéculations politiciennes», le PDG d’EDF sait que la structure des comptes 2012, et des suivants, dépendra de l'élection présidentielle. Le producteur d’électricité n’a d’ailleurs pas fourni d’objectifs précis pour 2012. Les résultats seront conformes à la «trajectoire 2011-2015» : une hausse de 4% à 6% de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda), un endettement net inférieur à 2,5 fois l’Ebitda et un taux de distribution des bénéfices compris entre 55% et 65%.
Ce manque de visibilité pèse toujours autant sur le cours de Bourse, en baisse de 1,53% hier, à 18,4 euros, alors que les résultats 2011, marqués par une hausse de 4,7% de l’Ebitda, sont conformes aux attentes. En six mois, l’action EDF a chuté de 15%. Dans le même temps, l’indice européen Stoxx d’un secteur pourtant peu prisé parvenait à grappiller 1%.
Après sa prise de fonction en mai, le nouveau président de la République devra trancher deux dossiers capitaux pour EDF, dont 60% de l’Ebitda dépend des activités en France. D’une part, la durée de vie des centrales nucléaires. Les récents rapports de la cour des Comptes ou de la mission «Energie 2050» ont montré qu’une prolongation serait la solution la moins coûteuse et, par ricochet, la plus rentable pour EDF. «Chaque année de vie additionnelle pour un réacteur déjà amorti génère une rente au groupe», rappelle CM-CIC. Or, si Nicolas Sarkozy affiche sa préférence pour le nucléaire, le candidat François Hollande prévoit de fermer progressivement 24 des 58 réacteurs en service, dont les deux de Fessenheim. Une décision qui aurait un impact financier immédiat: à eux seuls, les deux réacteurs de Fessenheim génèrent 540 millions d’euros d’Ebitda, selon la Société Générale, et 8% du bénéfice par action d’EDF.
Seconde question cruciale pour EDF: les tarifs. Henri Proglio n’a pas manqué de rappeler hier que la Cour des Comptes évalue à 49,5 euros le MWh le coût de production de l’électricité nucléaire du parc existant, plus que les 46 euros estimés par le groupe, et plus que les 42 euros actuellement appliqués. Selon le PDG, les prix de revente de l’électricité devront donc inexorablement converger vers le coût économique de production. A condition toutefois que le nouveau gouvernement issu des urnes ose relever les tarifs quelques mois après son élection.
Plus d'articles du même thème
-
Les ETI françaises trouvent leur salut à l’international
Le baromètre annuel de Bpifrance salue notamment la poursuite des investissements de transition et l’appropriation de l’IA par ce segment résilient d’entreprises. -
KNDS veut faire ses armes en Bourse sans mobilisation générale
Très attendue, la cotation du fabricant de chars franco-allemand devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. Elle consistera uniquement en une cession de titres existants et les particuliers ne pourront pas y participer. -
L'ancien directeur financier de Pfizer rejoint Nike
David M. Denton rejoindra le fabricant sportif en tant que vice-président exécutif et directeur financier le 17 août prochain.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
DégelClimatisation : les zones d'ombre du plan du RN
Le RN veut faire de la climatisation sa réponse aux vagues de chaleur. Mais derrière le slogan, lancé depuis un an, le coût du dispositif, son périmètre exact et son financement font encore l'objet de discussions internes. Une conférence de presse est prévue début de semaine prochaine -
Présidentielle 2027Edouard Philippe en campagne au coin de la rue
Dans sa course à l'Elysée, le maire du Havre a décidé de prendre les chemins détournés. Il met en avant son écharpe tricolore plus que les trois années passées à Matignon. Ce qu'aucun de ses principaux concurrents ne peut faire -
Canicule : ces autorisations spéciales d'absence accordées à certains profs
Certains rectorats font preuve de souplesse pour les enseignants vulnérables aux chaleurs extrêmes