Le voyagiste Odigeo se refinance en attendant son introduction en Bourse
En attendant que l’horizon boursier s’éclaircisse en vue d’une introduction en Bourse, Odigeo, contrôlé par les fonds Permira et Axa Private Equity, a choisi un emprunt à haut rendement (ou high yield) à 5 ans, pour refinancer sa dette de LBO (leveraged buyout, acquisition à effet de levier). L’émission de 325 millions d’euros – coordonnée par Credit Suisse, Goldman Sachs, Lloyds Banking Group et UBS – a rencontré un grand succès, puisque la demande a atteint près de 1,3 milliard d’euros. L’opération a été réalisée via Geo Debt Finance, la filiale financière du groupe.
«Nos conseils et nous-mêmes avons estimé que le début de l’année 2013 était un moment opportun pour réaliser l’opération, indique à L’Agefi Mario Gavira, directeur d’Odigeo pour la France. Les conditions étaient réunies, avec une liquidité satisfaisante sur le marché et des taux d’intérêt attirants.» L’émission est ainsi ressortie à un taux fixe de 7,5% au-dessus du taux Euribor 3 mois. «Il existe peu d’acteurs de la taille d’Odigeo, positionnés dans les secteurs des services sur internet et de la mobilité et qui génèrent autant de cash», poursuit le dirigeant.
Le voyagiste européen est issu du rapprochement à trois, réalisé en 2011 entre l’espagnol eDreams (contrôlé par Permira) et le français Go Voyages (détenu par Axa Private Equity) à l’occasion de l’acquisition commune du britannique Opodo, auprès du géant du tourisme Amadeus, pour environ 400 millions d’euros.
Cette opération, qui se couplait à un refinancement complet des dettes d’eDreams et de Go Voyages, avait à l’époque nécessité le recours à un emprunt bancaire de 340 millions d’euros et déjà une émission high yield de 175 millions d’euros. L’émission du mois dernier refinance donc aux deux tiers le financement d’acquisition et de création d’Odigeo. «Cette opération permettra à [Odigeo] de profiter de plus grandes marges de manœuvre pour conquérir de nouveaux marchés et pour investir dans de nouvelles activités, dont les plates-formes mobiles ou le voyage d’affaires», indiquait le groupe dans son communiqué.
«Nous regardons plusieurs dossiers d’acquisition», confirme Mario Gavira. En 2012, le groupe est monté au capital de la société internet ReallyLateBooking. A plus long terme, «l’introduction en Bourse d’Odigeo demeure l’objectif», confirme Mario Gavira. Go Voyages envisageait déjà une IPO en… 2001.
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