Le suédois Meda veut créer un leader mondial de la pharmacie de spécialités

Quelques semaines après avoir rejeté les offres d’achat de l’américain Mylan, le génériqueur s’offre l’italien Rottapharm pour 2,3 milliards d’euros
Bruno de Roulhac

La concentration ne ralentit pas dans le secteur pharmaceutique. Le génériqueur suédois Meda a annoncé jeudi le rachat de l’italien Rottapharm pour une valeur d’entreprise de 21,2 milliards de couronnes suédoises (2,3 milliards d’euros).

Au printemps, Meda avait rejeté à deux reprises des offres de rachat par l’américain Mylan à 130 puis à 145 couronnes par action, le valorisant 4,8 milliards d’euros hors dette. Il cote aujourd’hui autour de 112 couronnes. En mai dernier son directeur général, Jörg-Thomas Dierks, avait expliqué que Meda préférait être un prédateur qu’une proie, estimant pouvoir doubler de taille en deux ans grâce aux acquisitions.

De son côté, Rottapharm a renoncé début juillet à entrer en Bourse, arguant de conditions de marché défavorables et d’une dégradation du sentiment des investisseurs envers les actifs d’Europe du Sud. La famille Rovati, propriétaire fondatrice de Rottapharm, prévoyait de céder 25% du capital, au prix de 7,25 à 9 euros l’action, valorisant le laboratoire au mieux à 1,8 milliard d’euros. Meda offre 1,975 milliard d’euros hors dette: 1,6 milliard en cash, 357 millions en titres (la famille Rovati détiendra 9% de Meda), et 275 millions qui seront payés en janvier 2017.

Le nouveau groupe pro-forma donnera naissance à un leader européen de la pharmacie de spécialités, aux côtés de Pierre Fabre et Servier, avec un chiffre d’affaires combiné 2013 de 1,9 milliard d’euros, pour 500 millions d’Ebitda. Les deux groupes affichent une marge opérationnelle de 28%. Meda augmente ainsi de 50% son exposition aux marchés émergents, qui pèseront 17% de ses ventes. «Nous ambitionnons de devenir un leader mondial de la pharmacie de spécialités», a déclaré hier Jörg-Thomas Dierks.

Les synergies de coûts sont chiffrées à 900 millions de couronnes (98 millions d’euros) par an, avec un plein effet dès 2016. A cette échéance, l’acquisition sera relutive de plus de 20% sur le bénéfice par action.

Meda, conseillé par Rothschild, financera ce rachat par un crédit syndiqué de 26 milliards de couronnes et par l’émission de droits préférentiels pour 2 milliards de couronnes. En attendant, un crédit-relais de 28 milliards de couronnes a été sécurisé auprès de Danske Bank, Nordea et SEB. Si le ratio dette nette sur Ebitda doit être supérieur à 5 fois post-acquisition, Meda compte retrouver un niveau inférieur à 4 fois dès 2016 grâce à la forte génération de cash flow.

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