Le sort du PDG d’Altran se joue ce matin en assemblée générale

Avec 31 % des droits de vote, le fonds Apax est en position de force pour faire élire ses deux candidats au conseil et renverser Yves de Chaisemartin
Olivier Pinaud

La probabilité qu’Yves de Chaisemartin soit renversé ce matin de son poste de PDG d’Altran est forte. L’assemblée générale du groupe de conseil en R&D doit en effet se prononcer sur la composition du conseil d’administration. Jusqu’ici favorable à Yves de Chaisemartin, grâce à sa voix prépondérante en cas d’égalité, le conseil pourrait basculer entre les mains d’Apax, premier actionnaire d’Altran, et désireux de nommer un nouveau PDG pour accélérer le redressement de la société dans laquelle il a investi 130 millions d’euros début 2008 mais dont le cours de Bourse stagne depuis.

Apax propose la nomination de deux nouveaux administrateurs: Monique Cohen, associée du fonds d’investissement, et Philippe Salle, ancien dirigeant de Geoservices. S’il est élu, ce dernier serait proposé comme nouveau PDG. En face, pour éviter son renversement à un an de la fin de son mandat, Yves de Chaisemartin soumet au vote des actionnaires trois administrateurs: Bertrand Duval, Stéphanie Paix et Victoire de Margerie. Cette dernière a pris la place de Brigitte Taittinger, l’épouse du président de l’AMF, qui a préféré renoncer à sa candidature en raison du contexte explosif du dossier.

Avec 19% du capital et 31% des droits de vote grâce à l’action de concert conclue en 2008 avec les fondateurs d’Altran, Alexis Kniazeff et Hubert Martigny, Apax est clairement en position de force en AG. D’autant que le tribunal de commerce de Paris a rejeté hier la contestation en référé d’Yves de Chaisemartin sur l’exercice des droits de vote d’Apax. Le fonds soutiendra logiquement ses deux candidats et votera, selon les résolutions signées avec les fondateurs pour cette AG, contre les trois autres prétendants au conseil. Le conseil pourrait ainsi compter dix administrateurs, dont six favorables à Apax. Seul un quorum très élevé, et un soutien massif de plusieurs actionnaires, permettraient à Yves de Chaisemartin de sauver sa place en faisant élire au moins deux candidats. Mais, derrière Apax, le capital est totalement éclaté. La Financière de l’Echiquier détient 6,6% d’Altran mais devrait voter en faveur des candidats d’Apax.

Un conseil d’administration a d’ores et déjà été convoqué pour cet après-midi, une fois les résultats de l’AG connus. Philippe Salle pourrait ainsi être dès ce soir le nouveau PDG d’Altran.

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