Le secteur bancaire pourrait encore déprécier fortement ses survaleurs en 2019
En 2018, le montant de goodwill (survaleur) net comptabilisé dans le CAC 40 a progressé de 15,8% à 379 milliards d’euros, contre une hausse de seulement 4% en 2017, selon la traditionnelle étude annuelle de Duff & Phelps. Cet accroissement «reflète une politique d’acquisitions dynamique – avec notamment le rachat de Luxottica par Essilor, de XL par Axa, de Zodiac par Safran – mais comprend aussi des effets changes pour des opérations antérieures», explique Carine Tourneur, managing director chez Duff & Phelps.
Après deux années de baisse, le montant total des dépréciations de survaleurs a presque triplé à 9,8 milliards d’euros et concerne 17 sociétés sur 40. Toutefois, retraité des 6,3 milliards d’euros de dépréciations d’Axa sur la totalité du goodwill lié à sa participation dans Axa Equitable Holdings (AEH), le montant est stable d’une année sur l’autre. Quatre opérations – chez Axa, TechnipFMC, Saint-Gobain et Danone – ont pesé pour 95% du montant des dépréciations de l’année. «Sans tomber dans un optimisme béat, la tendance est bonne car la plupart des sociétés du CAC 40 n’ont pas passé de dépréciations significatives», ajoute Carine Tourneur. Les dépréciations ont pesé l’an dernier 2,5% du goodwill net, contre 1,1% en 2017, un niveau plancher.
«Cette année, le montant des nouveaux goodwills ne devrait pas progresser au même rythme qu’en 2018 en l’absence d’acquisitions d’envergure en 2019», poursuit Carine Tourneur.
Chaque année les sociétés passent les tests de dépréciations sur leurs survaleurs en fonction de leur business plan à moyen terme. «Fin 2018, les sociétés étaient plutôt confiantes, à la fois sur leurs perspectives et sur la croissance mondiale, explique Carine Tourneur. Fin 2019, la prudence devrait dominer en raison des récentes incertitudes économiques qui pourraient inciter les entreprises à privilégier des plans d’affaires à moyen terme plus conservateurs. Le secteur bancaire pourrait encore connaître d’importantes dépréciations de goodwills, même si beaucoup ont déjà été passées, dans un environnement de taux négatifs et de changement de business model. Le secteur de l’énergie devrait aussi être affecté avec la volatilité des prix et la transformation vers le renouvelable. En revanche, les autres secteurs ne devraient pas être particulièrement touchés cette année».
Plus d'articles du même thème
-
TSMC a enregistré une croissance de 36% au deuxième trimestre
Les ventes du géant des puces électroniques ont atteint près de 40 milliards de dollars, dépassant légèrement les attentes. -
Les ventes de Stellantis poursuivent leur rebond
Les facturations du constructeur ont augmenté de 10% au deuxième trimestre, tirées par l'Amérique du Nord. -
Les encours d’Impax AM rebondissent à 23,3 milliards de livres sterling à fin juin
Le gestionnaire d’actifs britannique concède néanmoins 1,7 milliard de livres sterling de sorties nettes lors des trois derniers mois.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
- Michala Marcussen (Société Générale) : «L’Europe pourrait s’inspirer de certaines pratiques chinoises»
- Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Contenu de nos partenaires
-
« La France davantage ciblée » : la Russie accusée de mener une vaste campagne cyber en Europe
Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a annoncé ce lundi la convocation de l’ambassadeur russe après avoir révélé l'existence d'une vaste campagne cyber d'espionnage et de sabotage menée par le FSK et les hackers de « Turla ». -
RIPMais que va faire Donald Trump sans son allié Lindsey Graham ?
La mort du sénateur républicain de Caroline du Sud prive le président américain de son meilleur négociateur au Sénat et de l'un des principaux architectes de sa politique étrangère -
Tetris agronomiqueCanicule et sécheresse : l'agriculture française face au mur de l'adaptation au changement climatique
L'agriculture française, en première ligne face aux sécheresses et aux coups de chaud, multiplie les chantiers d'adaptation et met en garde contre la tentation de la simplification.