Elior lance un avertissement sur ses résultats
Le titre Elior chute jeudi à la Bourse de Paris alors que le groupe de restauration collective et de concessions a dévoilé des résultats semestriels décevants et lancé un avertissement sur ses résultats en raison du déploiement décalé de nouveaux contrats et des pressions inflationnistes.
Vers 11h, l’action Elior plongeait de 25%, à 2,12 euros entraînant Derichebourg (-6,8%) qui détient 48% de son capital, dans son sillage.
«La réalisation du premier semestre n’est pas très bonne: retraité d’une provision non récurrente, le groupe publie un résultat opérationnel courant retraité (Ebita) ajusté de 120 millions d’euros contre 137 millions d’euros visé par le consensus», commente Julien Thomas, analyste chez TP Icap Midcap.
«La société blâme un retard de lancement de deux contrats importants en Ile-de-France et l’accélération de l’inflation», ajoute-t-il.
En outre, le free cash-flow s'élève à 9 millions d’euros par rapport à 205 millions l’an passé «à cause de la fragilité structurelle de la génération de free cash-flow du groupe», explique l’analyste.
Moins de croissance et moins de marge
Concernant l’exercice en cours, qui s’achèvera fin septembre 2026, Elior vise désormais une croissance organique de son chiffre d’affaires comprise entre 1% et 2% contre de 3% à 4% auparavant. La marge d’Ebita ajusté est anticipée «autour de 3%» contre de 3,5% à 3,7% précédemment. Le groupe prévoit par ailleurs un ratio de levier d’endettement d’environ 3,5 à fin septembre 2026 contre environ 3 initialement communiqué et 3,6 à fin mars. Elior souligne qu’il est «confortablement en deçà des covenants à 4,5.»
Ces objectifs s’entendent en excluant le contrat avec un opérateur ferroviaire italien, qui fait actuellement l’objet d’un différend tarifaire, a précisé Elior.
«Pour nous il s’agit de trier le bon grain de l’ivraie: autant le décalage de contrat et la faiblesse du BFR [besoin en fonds de roulement, ndlr] nous semblent ponctuels et limités à 2026, [autant] le retour de l’inflation nous paraît être une menace nettement plus problématique», explique Julien Thomas.
En effet détaille-t-il, «avec ses contrats publics (notamment en France) et ses très faibles marges, le groupe supporte très mal les périodes d’accélération de l’inflation (alimentaire, énergie et salaires), la trajectoire financière entre 2021 et fin 2023 l’atteste et désormais le groupe n’a plus beaucoup de marge de manoeuvre sur ses frais fixes à la suite des synergies délivrées depuis 2023".
Dans ce cadre, l’intermédiaire financier a abaissé son objectif de cours de 3 euros à 2,80 euros et maintenu sa recommandation «conserver».
A lire aussi : Elior anticipe le remboursement de ses obligations senior
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