Le risque nucléaire belge creuse la décote de GDF Suez
L’été 2014 n’a pas été gagnant pour GDF Suez. Depuis le 1er juillet, le cours du groupe d’énergie s’est effrité de 8%, soit quasiment 5 points de plus que l’indice Stoxx Utilities. Plus que les résultats sans éclat du premier semestre, ce sont les ennuis du producteur d’électricité en Belgique qui ont creusé la décote. Trois des sept réacteurs nucléaires que compte GDF Suez en Belgique sont actuellement à l’arrêt et la visibilité sur leur reprise d’activité reste floue.
La semaine dernière, Electrabel, la filiale belge de GDF Suez, a assuré en réponse à un article de la chaîne flamande VRT que les premiers résultats partiels des tests de sûreté menés sur Doel 3 et Tihange 2, deux des trois réacteurs à l’arrêt, «ne permettent en aucun cas d’anticiper un arrêt définitif». Les conclusions seront connues à l’automne et elles détermineront la date de reprise de la production. Après un premier incident en 2013, Doel 3 et Tihange 2 sont à l’arrêt depuis mars dernier à la suite de la découverte de microfissures. GDF Suez a rappelé fin juillet, lors de l’annonce de ses résultats semestriels, que l’indisponibilité de Doel 3 et Tihange 2 coûte 40 millions d’euros par mois au niveau du résultat net récurrent.
La situation s’est un peu plus compliquée avec l’arrêt du réacteur de Doel 4, début août, à la suite d’un incident sur la turbine. Même s’il se situe dans la partie non nucléaire de l’installation, le problème risque de paralyser la production du réacteur jusqu’à la fin de l’année, a reconnu GDF Suez, provoquant un nouveau manque à gagner. Exane BNP Paris l’estime entre 25 et 30 millions d’euros par mois. Au total, pour 2014, l’impact de l’arrêt des trois réacteurs pourrait atteindre près de 500 millions d’euros.
Le risque est que ces arrêts dérapent au-delà de 2014. La fermeture définitive de Doel 3 et Tihange 2 amputerait de 12% le bénéfice net par action du groupe selon les calculs des analystes de Raymond James. Même si une partie peut être compensée par la remontée des prix de l’électricité provoquée par une disparition de l’offre, cela pourrait contraindre la capacité de distribution de dividendes du groupe. Le bilan de GDF Suez serait également touché avec une dépréciation d’actifs estimée à 5 milliards d’euros, ajoute Exane BNP Paris, avec un effet toutefois limité sur le ratio d’endettement.
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