Le rapport intégré vient répondre aux attentes des investisseurs
A l’heure de la rédaction des documents de référence 2012, l’International Integrated Reporting Councel (IIRC) se réunit aujourd’hui et demain à Paris pour adopter le cadre de référence d’un reporting extra-financier intégré. Cette démarche suit la montée en puissance de l’extra-financier dans le monde. La France, avec la loi Grenelle 2, a été la première à généraliser l’intégration de l’information extra-financière dans le rapport de gestion, ce qui va être recommandé par l’Union européenne.
L’IIRC, créé en 2010, s’inscrit dans le sillage des réflexions suscitées par la crise pour refonder la confiance entre les investisseurs et les décideurs économiques. « Il faut réexpliquer l’entreprise, son business model, sa capacité à créer de la valeur», précise Philippe Peuch-Lestrade, délégué adjoint de l’IIRC.
Tout le monde s’accorde à reconnaître la lourdeur et la dispersion actuelle de l’information financière (document de référence, rapport d’activité, rapport de développement durable, etc.) et le manque d’information sur les perspectives et sur les enjeux des modèles économiques des entreprises.
Aussi, l’IIRC s’est penché sur la manière de donner une vision intégrée et globale de la stratégie de l’entreprise (éléments financiers et extra-financiers) montrant sa capacité à créer de la valeur sur le long terme, afin de répondre aux attentes des investisseurs. L’objectif n’est pas d’ajouter une nouvelle réglementation ni ne réécrire les normes comptables, mais de donner une meilleure information, plus simple et plus complète à la fois.
Une fois le cadre adopté, l’IIRC se penchera sur les indicateurs à fournir (éléments financiers, équipements, capital humain, relationnel…). Mais «le danger serait de donner trop d’éléments et pas l’essentiel», avertit Paul Druckman, délégué général de l’IIRC. D’autant que les visions sont différentes en fonction des pays, des entreprises, et nécessitent des indicateurs adaptés. L’IIRC ne veut pas imposer des règles mais prône la flexibilité. Ainsi, un indicateur sur les droits de l’homme, ou encore sur le commerce équitable sera plus ou moins pertinent.
Si certaines entreprises sont moteurs en la matière, comme Coca-Cola, Microsoft, ou Danone et Solvay, le mouvement se fait lentement… L’IIRC a déjà constitué un réseau d’entreprises pilotes, chargées d’inventer ce rapport intégré. L’Afrique du Sud en a même déjà fait sa norme.
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