Le rachat de Draka renforcerait la présence de Nexans dans les télécoms
Nexans est prêt à renouer avec la croissance externe. Conseillé par CA CIB et BNP Paribas, le leader mondial du câble a annoncé qu’il souhaitait engager des discussions Draka Holding en vue de lancer une offre publique de rachat en numéraire «sur la totalité des actions ordinaires à un prix de 15 euros par action», soit 731 millions d’euros. Il précise avoir obtenu un engagement d’apport de titres «sous certaines conditions» de Flint Beheer NV, actionnaire de référence de sa cible qui détient 48,5% du capital et est épaulé par Lazard.
Le groupe français souhaite une offre recommandée «par le conseil de surveillance et le directoire de Draka» et compte sur l’acceptation de 95% des actionnaires. La direction de Draka Holding a pris acte d’un projet de rachat «non sollicité» en indiquant qu’elle informerait ses actionnaires «en temps utile» de l’évolution du dossier.
Cette opération «permettrait d’améliorer la compétitivité des activités européennes de Nexans et de renforcer sa position dans les câbles spéciaux industriels», souligne le PDG Frédéric Vincent. Cela augmenterait également l’exposition du groupe français au secteur des télécoms (10% de son activité en 2009 contre 45% dans l’énergie et 40% dans l’industrie et le BTP). Réparti de façon plus homogène, le chiffre d’affaires de Draka (2 milliards d’euros en 2009) provient à 36% des télécoms contre 32% pour chacune des divisions énergie et industrie.
Les négociations en vue d’un rapprochement entre Draka et l’italien Prysmian avaient achoppé l’an dernier sur une question de valorisation et cet élément devrait encore être au centre des discussions actuelles. Aurel BGC juge qu’à 8 fois l’excédent brut d’exploitation de la cible estimé pour 2011 (contre une valorisation de 5,2 fois pour Nexans), l’opération «ne serait pas créatrice de valeur à court terme pour les actionnaires de Nexans».
Il faudra également convaincre les minoritaires de Draka de l’intérêt d’une prime de moins de 10% par rapport au cours de clôture de Draka jeudi soir, avant l’annonce d’un désengagement potentiel de Flint Beheer. On estime chez SNS Securities que le prix proposé «est bas compte tenu des économies de coûts à venir et d’un ‘pricing power’ renforcé». En outre, ce prix s’applique aux 48,7 millions d’actions ordinaires sans préciser le sort des 5,75 millions d’actions préférentielles. L’action Draka a terminé en hausse de 1,7% à 15,6 euros tandis que celle de Nexans a pris 2,3% à 54,4 euros hier.
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