Le rachat de Cimpor devrait contribuer à revaloriser le secteur cimentier
Pénalisé en Bourse depuis l’été 2011, le secteur européen des matériaux de construction pourrait faire l’objet d’un regain d’intérêt des investisseurs à la faveur de l’OPA récemment lancée sur le cimentier portugais Cimpor par le conglomérat brésilien Camargo Correa. Ce projet de rachat en numéraire, correspondant une valeur d’entreprise de la cible de 5,3 milliards d’euros, «aboutit à donner un référentiel transactionnel à un marché sursensible au risque et privé de repères depuis l’éclatement de deux crises financières», commentent les analystes de CM-CIC Securities.
En évaluant les principaux acteurs européens à travers les multiples de tonne de capacité, le bureau d’analyse a constaté une décote entre leur valeur boursière et la valeur transactionnelle de 135 euros par tonne de Cimpor. Cette décote, comprise entre 25% et 32% pour Holcim, Vicat et HeidelbergCement, atteint 43% pour Lafarge, pénalisé par le risque désormais écarté d’une augmentation de capital, et 58% pour Ciments Français en raison d’une lassitude des investisseurs sur un rachat des minoritaires par sa maison-mère Italcementi. «Une réduction de l’excès de décote sur Ciments Français et Lafarge nous semblerait logique», jugent ces analystes.
Cette revalorisation prendra sans doute du temps compte tenu d’un environnement encore délicat cette année. Avec le repli prévu de 0,3% du marché européen de la construction, la demande de ciment est attendue en baisse de 2,3% dans la région, une moyenne qui masque une évolution contrastée suivant les pays. Le ralentissement de l’économie indienne combiné à une inflation élevée devrait d’autre part affecter la rentabilité des grands groupes implantés dans ce pays, tandis que le marché cimentier américain resterait quasiment stable (+0,5%).
Les efforts de maîtrise des coûts et de l’endettement réalisés depuis 3 ans leur permettront normalement de passer ce cap difficile. «Le niveau de liquidité des principaux groupes cimentiers européens paraît adéquat compte tenu des refinancements de dette déjà effectués sur les marchés obligataires. Mais la pression à la baisse sur les marges provoquée par des coûts énergétiques toujours élevés et l’apparition de surcapacités sur certains marchés émergents limiteraient la flexibilité financière de ces intervenants si le repli des volumes était supérieur à 5%», nuance Stanislas Duquesnoy, analyste senior Corporate Finance chez Moody’s.
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