Le Qatar devient le premier actionnaire de Lagardère
Lagardère Capital & Management, le holding personnel d’Arnaud Lagardère, n’est plus, avec ses 9,62% du capital, le premier actionnaire du groupe de défense et de communication. Le Qatar vient en effet de passer au-dessus de la barre des 10% du capital en achetant un bloc d’actions. Qatar Investment Authority, le fonds souverain du pays, détient désormais 10,07% de Lagardère. Sa précédente position connue s’élevait à un peu plus de 7%.
Les titres ont été achetés en dehors du marché. Le montant de la transaction n’est pas révélé, ni l’identité du vendeur. Présent au capital depuis plusieurs années déjà, le fonds souverain du Qatar cherche à améliorer la rentabilité de son investissement chez Lagardère. Pénalisé par deux avertissements sur résultats en quelques mois, le cours de l’action a chuté de 35% depuis le début de l’année et de 65% depuis cinq ans.
Arnaud Lagardère reste malgré tout le premier détenteur de droits de vote avec 14%, le pouvoir du Qatar se limitant à 7,87% selon la déclaration transmise à l’Autorité des marchés financiers. De plus, le Qatar a toujours été un allié de la direction du groupe Lagardère, notamment l’an dernier lors de la bataille, en assemblée générale, contre l’homme d’affaires Guy Wyser-Pratte. Cette montée au capital ne marque donc pas une volonté de prise de contrôle. Le groupe est de toute façon protégé par sa structure en commandite par actions.
Sa montée au capital offre en revanche un soutien bienvenu à Arnaud Lagardère qui s’est endetté personnellement de plusieurs centaines de millions d’euros en 2005 et 2007 pour accroître sa participation au capital de la société fondée par son père Jean-Luc. Hier, le cours de l’action a rebondi de 2,46% à 20,23 euros, les investisseurs estimant que le renforcement du Qatar pourrait constituer un signal en vue d’une prochaine distribution de dividende exceptionnel par Lagardère. Arnaud Lagardère en a notamment besoin pour rembourser ses emprunts, gagés sur des actions du groupe.
Le Qatar, qui est devenu cette année l’actionnaire de référence du club de football du Paris Saint-Germain, n’a pas toujours été heureux en affaires dans l’Hexagone. Sa participation de 5% dans Veolia Environnement affiche une forte moins-value. Le fonds était entré au capital du groupe en avril 2010. Depuis, la valeur de son investissement a chuté de près de 60%.
Plus d'articles du même thème
-
La Bourse sanctionne le gouffre financier de l'IA
Les déceptions du troisième trimestre parmi les hyperscalers et l’avertissement d’Intel ont ponctué un nouveau mois difficile pour le secteur tech. Une rotation est à l’œuvre tandis que les investisseurs cherchent refuge auprès des emprunts d’Etat. -
Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
Le S&P 500 pourrait encore gagner 9% sur un an, comme la Bourse japonaise et l’indice paneuropéen. En revanche, le CAC 40, seul de ces indices en recul depuis le début de l’année, ne dispose que d’un potentiel de 6%. -
Les panels parient sur au moins deux hausses des taux Fed
Les panélistes interrogés par L’Agefi n’ont pas modifié leurs attentes de taux pour les quatre grandes géographies par rapport à fin septembre. Ils renforcent légèrement le dollar.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Winter is comingCroissance, dette : la France perd pied
« La France est à l'arrêt », constate le ministre des Finances, Roland Lescure. Les marges de manœuvre se réduisent : il faut contenir le déficit public alors que l'activité cale et les taux s'envolent -
EditoCrise énergétique et Budget : la France à l’heure d’hiver
Après les carburants, le gaz. Une autre crise énergétique est partie pour prendre de l’ampleur. Et démontre la nécessité d’affronter la réalité budgétaire d’un pays aux abois -
Derrière les effusions, ce que contient l’accord UE-Canada (et ce qu’il ne contient pas)
Les dirigeants canadiens et européens ont dévoilé vendredi l’ébauche de leur « alliance pour le futur » à l’issue d’un sommet de deux jours à Montréal. Il reste cependant de nombreux points à négocier et de potentiels litiges à lever au cours des prochains mois