Le projet de rapprochement Man-Scania entre dans sa phase active
Rompant avec des années d’atermoiement, le rapprochement entre le groupe de poids lourds allemand Man et son homologue suédois Scania a été officiellement lancé hier par leur actionnaire commun Volkswagen. Après avoir porté début mai de 29,9% à 30,5% sa participation dans Man, le premier constructeur automobile européen était tenu par la réglementation allemande de lancer une offre sur la totalité du capital de sa cible. L’offre, qui court jusqu’au 29 juin, «représente une étape supplémentaire vers la création d’un groupe intégré dans les véhicules commerciaux», souligne Volkswagen dans son communiqué.
Le paiement en numéraire de «95 euros par action ordinaire et de 59,9 euros par action préférentielle» n’offre aucune prime par rapport aux cours actuels car l’objectif de Volkswagen n’est pas de prendre le contrôle total de Man mais d’obtenir entre 35 et 40% du capital en déboursant jusqu’à 1,5 milliard d’euros. Les investisseurs qui apporteront leurs titres à l’offre «pourront conserver le dividende de 2 euros par action proposé par Man au titre de 2010», souligne Volkswagen. Si cette opération reçoit l’aval des autorités de la concurrence, ce dernier pourra acquérir par la suite des titres Man sur le marché sans avoir à les déclarer, comme l’a fait récemment ACS avec Hochtief. Stefan Straub, porte-parole de Man, a indiqué à L’Agefi que «le directoire et le conseil de surveillance du groupe se prononceront dans un délai maximum de deux semaines sur l’offre de Volkswagen».
Le constructeur automobile allemand détient actuellement 49,3% du capital et 71,8% des droits de vote de Scania dont le deuxième actionnaire n’est autre que Man avec 13,4% du capital et 17,4% des droits de vote. Les trois groupes avaient annoncé fin 2010 leur volonté d’intensifier leur collaboration industrielle, notamment dans leur politique d’achats. Les échanges d’informations et les possibilités de synergies, jusqu’ici limités pour des raisons de concurrence, devraient être facilités par l’initiative de Volkswagen qui a estimé à «un milliard d’euros» les économies de coûts découlant d’une coopération plus forte entre Man et Scania. Une fusion ultérieure entre ces deux groupes aboutirait à la création du leader européen des poids lourds devant Daimler et Volvo, avec une part de marché cumulée d’environ 30% sur la base des chiffres 2010.
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