Le profit des compagnies aériennes pourrait fondre de moitié avec le pétrole
L’anxiété de l’Association internationale du transport aérien (Iata) monte conjointement avec les cours du pétrole. Selon l’organisation qui regroupe 230 compagnies aériennes à travers le monde, la flambée du prix des carburants va contribuer à amputer de moitié les bénéfices cette année, la hausse de la fiscalité jouant également. La marge nette bénéficiaire des compagnies aériennes devrait s'élever à 1,4% seulement cette année, contre 2,9% en 2010, calcule l’Iata. Le bénéfice cumulé des compagnies tombera à 8,6 milliards de dollars, contre 9,1 milliards prévus en décembre, et après 16 milliards de dollars l’an dernier.
La prévision de 2011 repose sur l’hypothèse d’un prix moyen de 96 dollars pour le baril de pétrole Brent, au lieu des 84 dollars retenus en décembre et de 79,4 dollars en 2010. En conséquence, la note en kérosène du secteur se montera à 166 milliards cette année, soit 29% des coûts totaux, contre 139 milliards ou 26% en 2010. Selon Giovanni Bisignani, le directeur général de l’Iata, toute augmentation d’un dollar du prix du baril de pétrole se traduit par un coût supplémentaire de 1,6 milliard de dollars pour les compagnies aériennes. «Nous sommes en permanence sur la corde raide avec des marges très faibles, sans amortisseur», a grimacé le directeur général de l’association.
Les analystes de Barclays Capital calculent ainsi qu’un baril 5 dollars plus cher coûte 253 millions d’euros de résultat d’exploitation à Air France et 209 millions d’euros à Lufthansa. Néanmoins, les groupes aériens ne sont pas totalement démunis face à la flambée du prix du pétrole. D’une part, les instruments de couverture permettent de limiter l’impact à court terme. D’autre part, en passant des surcharges sur les billets vendus et en diminuant leurs capacités de transport, les compagnies peuvent compenser 75% de la hausse de la facture pétrolière, indique Barclays Capital. Ces ajustements portent leurs fruits avec retard, au bout de plusieurs trimestres. Mais au bout du compte, l’impact pour Air France pourrait être réduit à 67 millions d’euros, et à 55 millions pour Lufthansa, indiquent les analystes.
Hier, l’Iata s’est refusé à dire si la dernière flambée des cours se traduirait par une taxe supplémentaire sur les billets. Selon Giovanni Bisignani, la question dépend de chaque membre pris individuellement.
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