Le prix du rachat de Metrologic par Carlyle fait plus que jamais débat

L’expert indépendant exprime des réserves et juge le montant insuffisant en cas de retrait de la cote. L’Adam a de nouveau alerté l’AMF le 13 mai
Olivier Pinaud

La note en réponse apportée par Metrologic dans le cadre de son rachat par Carlyle et par le dirigeant de la société ne devrait pas convaincre les actionnaires les plus dubitatifs sur l’équité de cette opération. Le rapport du cabinet Ledouble, l’expert indépendant mandaté pour examiner le prix de l’offre, se montre mesuré sur le prix de 38 euros proposé aux actionnaires minoritaires, prix qui pourrait être augmenté de 2 euros, ou de 3 euros si l’initiateur venait à détenir plus de 95% du capital.

«Il apparaît clairement que le prix d’offre proposé de 38 euros par titre Metrologic ne dégage pas de prime d’un niveau comparable à celui des dernières offres publiques de retrait annoncées sur la place de Paris», indique ainsi le cabinet Ledouble. Selon ses calculs, les décotes oscilleraient entre 2% et 101% selon les opérations et les méthodes de valorisation retenues (course de bourse spot et actualisation des flux de trésorerie). «Le prix de 38 euros nous paraîtrait acceptable dans les conditions d’une offre publique non assortie d’un retrait obligatoire, rendant la liquidité aux actionnaires qui le souhaitent (…). En revanche, le prix de 40 euros ne peut être considéré comme suffisant dans la configuration d’un retrait obligatoire tel que visé dans la présente opération», ajoute le cabinet.

Mais d’autres critères de valorisation, comme l’examen du plan d’affaires de l’éditeur de logiciels, permettent, selon l’expert indépendant, de justifier les 38 euros. Il ajoute que ce prix a été proposé par Carlyle à l’issue d’un processus ouvert de vente initié en 2010 par Philippe Cimadomo, le président et premier actionnaire de Metrologic. «L’offre de Carlyle résulte elle-même d’une surenchère, qui peut assimiler le prix de 38 euros à un point d’équilibre», précise l’expert. Et s’il reconnaît un «dispositif complexe», l’expert estime que «la différence de traitement entre les actionnaires et managers de Metrologic investissant ou réinvestissant dans le holding de reprise et les actionnaires minoritaires ne conduit finalement pas à léser les seconds au bénéfice des premiers».

Ce rapport devrait motiver la protestation de l’Association de défense des actionnaires minoritaires. Mandatée par plusieurs actionnaires, sa présidente, Colette Neuville, a envoyé un nouveau courrier à l’AMF le 13 mai dernier, son troisième depuis l’annonce de l’opération fin mars.

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