Le PDG d’Altran obtient le soutien des cabinets de conseil en vote face à Apax
Dans sa lutte contre Apax, Yves de Chaisemartin, le PDG d’Altran, vient d’obtenir un soutien de poids. ISS recommande aux actionnaires de voter contre la nomination de Monique Cohen lors de l’assemblée générale du 10 juin. Le cabinet de conseil aux investisseurs estime que si l’associée du fonds venait à entrer au conseil d’administration d’Altran, le degré d’indépendance de celui-ci tomberait à 38%, en dessous du seuil de 50% recommandé pour une entreprise non contrôlée majoritairement. En comptant les parts des deux fondateurs d’Altran, avec lesquels il a conclu un pacte d’actionnaires en 2008, Apax contrôle un peu plus de 31% des droits de vote.
Un autre cabinet de conseil, Glass Lewis, va plus loin en recommandant de voter contre la nomination de Monique Cohen et contre celle de Philippe Salle, le deuxième candidat présenté par Apax. Si celui-ci venait à être élu, le fonds voudrait en faire le nouveau PDG d’Altran à la place d’Yves de Chaisemartin. Glass Lewis rappelle qu’Apax, avec déjà deux administrateurs depuis 2008, «a eu de multiples occasions au cours des dernières années de faire entendre sa voix sur la stratégie d’Altran». Les cabinets recommandent en revanche tous les deux de voter en faveur des trois candidats présentés par le conseil actuel d’Altran.
La direction d’Altran n’est pas épargnée pour autant. «Sans remettre en cause l’indépendance des administrateurs et leur compétence», ISS indique que les actionnaires «devraient s’interroger sur le manque de sélection rigoureuse et la politique de nomination au conseil d’Altran, qui a accepté l’ensemble des candidats, y compris ceux proposés par Yves de Chaisemartin, au lieu de mener une recherche approfondie de candidats externes».
En attendant, la tension ne retombe pas entre Yves de Chaisemartin et Apax. Saisi par le PDG, le tribunal de commerce de Paris examinera, le 7 juin, une demande de mise sous administration judiciaire des droits de vote du fonds d’investissement afin de s’assurer de la neutralité de son vote. Une assignation qui répond à celle, antérieure, d’Apax pour obtenir lui aussi un mandataire ad hoc pour présider l’AG à la place du PDG. Demande rejetée mais qui a néanmoins conduit le tribunal à nommer officiellement un mandataire de justice pour veiller à la bonne tenue de l’AG.
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