Le patron de Vivendi monte au front chez SFR face à Free Mobile
L’onde de choc de l’arrivée de Free dans la téléphonie mobile en France continue de se propager. Jusqu’à toucher la tête des opérateurs concurrents. Vivendi a confirmé hier soir la démission de Frank Esser, le PDG de SFR. Arrivé en 2000 au rang de directeur général, il occupait le siège de PDG depuis 2002. Si le groupe loue «son travail remarquable», Frank Esser n’était visiblement plus l’homme de la situation pour gérer le changement de modèle économique provoqué par Free Mobile, dont l’arrivée était pourtant programmée depuis plus d’un an. Signe de l’urgence actuelle, ses fonctions seront reprises en direct par Jean-Bernard Lévy, le président du directoire de Vivendi, le temps d’engager le recrutement d’un successeur.
Les difficultés de SFR menacent l’ensemble de l’édifice Vivendi. A lui seul, l’opérateur de télécoms génère 42% du chiffre d’affaires, 44% de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) et environ autant de l’actif net réévalué du groupe de communication. Or, compte tenu de la nouvelle concurrence en France, l’Ebitda de SFR sera amputé de 456 à 570 millions d’euros en 2012, soit 12% à 15% du montant réalisé en 2011. Les analystes s’attendent à une nouvelle baisse en 2013.
L’opérateur est frappé par deux phénomènes. La perte de clients: selon des estimations non officielles, elle dépasserait plus de 1% de SFR en à peine trois mois. Et surtout l’effet de base : pour retenir ses clients, l’opérateur est contraint de baisser ses propres tarifs ce qui ampute automatiquement son chiffre d’affaires. Un mal financièrement redoutable compte tenu des 21,4 millions de clients de SFR dans le mobile, dont 16,5 millions d’abonnés, pour un chiffre d’affaires «mobile» de 7,9 milliards en 2011.
Dès la publication des résultats de Vivendi, le 2 mars, la direction du groupe avait promis de prendre les mesures nécessaires pour contrer cette érosion commerciale et financière. Le changement de tête chez SFR milite pour une accélération de ce plan d’adaptation qui devrait passer par des mesures d’économies. Des conséquences directes sur l’emploi sont redoutées. SFR compte un peu plus de 9.000 salariés. La semaine dernière, Jean-Ludovic Silicani, le président de l’Autorité des télécoms (Arcep) avait estimé entre 5.000 et 10.000 le nombre de suppressions brutes d’emplois que pourrait provoquer à terme l’arrivée de Free Mobile, sur un total de 130.000 salariés dans les télécoms français.
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