Le nouvel Accor devrait se dessiner un peu plus au premier semestre
Alors que la lecture de son chiffre d’affaires semestriel (+4,4% à 2,97 milliards d’euros) mi-juillet montrait de nouveaux signes d’amélioration, Accor devait confirmer demain le redressement des résultats entamé l’an dernier. Selon le consensus Bloomberg, le groupe hôtelier devrait publier un résultat d’exploitation (ebit) de 198,5 millions d’euros, à comparer aux 154 millions dégagés au premier semestre 2010. Les analystes attendent par ailleurs un bénéfice net ajusté de 86 millions d’euros. Hors coûts et impôts liés à la scission d’Edenred, le bénéfice net s’élevait à 12 millions d’euros sur la même période de l’an dernier.
Mais plus que ces résultats, les investisseurs attendent un point d’étape sur le chantier de transformation du modèle économique du groupe, six mois après l’arrivée de Denis Hennequin aux commandes d’Accor à la place de Gilles Pellisson. Le projet sera présenté en détail par le nouveau dirigeant lors d’une journée investisseurs le 13 septembre, mais Sophie Stabile, la directrice financière d’Accor, devrait faire le point demain sur la politique de cessions d’actifs. En juillet, en plus de la vente de Lenôtre à Sodexo (75 millions d’euros), le groupe hôtelier a surtout cédé le Sofitel Arc de Triomphe à un consortium d’investisseurs privés français pour une valeur de 44 millions d’euros tout en conservant la gestion de l’établissement dans le cadre d’un contrat de management à long terme.
Initiée en 2005, la mise en œuvre de ce modèle faiblement capitalistique («asset light») doit être accélérée par l’équipe de Denis Hennequin. Cette stratégie repose sur deux leviers: la vente des murs des hôtels et le recours à la franchise. Selon les derniers objectifs officiels du groupe, les cessions immobilières doivent contribuer à réduire de 2 milliards d’euros la dette nette d’Accor entre 2010 et 2013, dont 630 millions déjà réalisés en 2010. Et à partir de 2012, l’hôtelier prévoit d’ouvrir en «rythme de croisière» 35.000 à 40.000 nouvelles chambres par an, dont au moins 80% sous contrats de franchise ou de gestion.
L’objectif est clair : revaloriser le groupe, alors que l’action fait pâle figure face à ses comparables. A 22,89 euros, l’action Accor est proche de ses niveaux de 2005, année de l’arrivée au capital de Colony. Et le groupe affiche un déficit de valorisation (valeur d’entreprise sur ebitda) de deux à trois points par rapport à Intercontinental et à Marriot.
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