Le marché valorise CFAO entre deux et trois milliards d’euros
«Cette annonce s’inscrit dans la thématique de recentrage du groupe». Le commentaire d’Oddo Securities résumait hier assez bien le sentiment du marché suite à l’annonce par PPR de la prochaine mise en Bourse à Paris de sa filiale à 100 % CFAO, distributeur spécialisé présent en Afrique et en Outre-Mer.
L’opération devrait être conclue avant la fin de l’année et concernera une part majoritaire. Nul doute pour les analystes que le marché va désormais anticiper d’autres cessions (Fnac, Redcats, Conforama), «avec en face des acquisitions», comme le souligne Oddo qui dit attendre une réaction positive sur Puma (détenu à 69 % par PPR) «même si un rachat des minoritaires (…) ne nous semble pas la priorité à court terme».
Aux yeux des experts, l’effet du recentrage sera en tout cas évident. «Nous allons réduire (ou supprimer) la décote de holding que nous appliquons (9 euros par titre)», écrit CM-CIC.
Si elle est avant tout stratégique, cette IPO n’en sera pas pour autant dénuée d’intérêt sur le plan du levier financier, «redonnant (à PPR) une certaine latitude financière», précise Oddo. A 8 fois l’opérationnel 2010, le bureau valorise CFAO à 2 milliards d’euros. La cession d’une part majoritaire rapporterait alors 1 milliard d’euros à PPR. Mais rien ne dit que PPR se contentera de vendre la moitié du capital.
La conservation d’une simple minorité de blocage ferait grimper le produit à 1,3 milliard (voir tableau). Sans compter que la valorisation pourrait être supérieure. Avec un ratio de 8 fois l’Ebitda (voisin de l’excédent brut d’exploitation), CM-CIC estime l’ensemble du groupe à 2,25 milliards d’euros, voire à 2,8 milliards en alignant les multiples sur les stars du secteur (10 fois l’Ebitda). Sanford C. Bernstein monte même à 3 milliards.
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