Le marché relativise le risque des briquets chinois pour Bic

L’Europe devrait lever la barrière douanière sur les briquets en provenance de Chine, menaçant la marge de l’activité la plus rentable du groupe
Olivier Pinaud

La flamme de Bic s’est ternie hier après l’avis défavorable rendu par la direction générale Commerce de la Commission européenne sur le renouvellement de la taxe antidumping sur les briquets d’origine chinoise. Le cours de l’action, qui fait partie des vingt plus fortes hausses annuelles du SBF 120 (+40%), a chuté de 3,33% à 96,41 euros. A la suite de cet avis, la Commission européenne doit se prononcer d’ici au 12 décembre sur le renouvellement ou non de cette taxe de 6,5 centimes par briquet, seule barrière à l’entrée en Europe des briquets de bas de gamme et premier prix. Elle était en vigueur depuis vingt ans et permettait de doubler le prix de vente des briquets chinois.

«Nous ne comprenons pas la recommandation de la direction générale Commerce de la Commission européenne, qui va, sans raison valable, à l’encontre des intérêts de l’industrie européenne», lance Bruno Bich, le président du conseil d’administration de Bic. «En demandant le renouvellement de cette taxe, longtemps demeurée inefficace, nous demandons simplement l’application de règles de commerce équitables», ajoute-t-il. Le groupe aura la possibilité d’engager un recours devant les tribunaux européens mais la procédure est longue et coûteuse.

Selon la direction générale Commerce, Bic n’a pas démontré les dangers que pouvait représenter un éventuel dumping chinois. Les résultats records du groupe cette année ont pu également jouer en sa défaveur. Les briquets assurent à eux seuls 28% de son chiffre d’affaires mais 50% de ses bénéfices, grâce à une marge opérationnelle de près de 40%. L’émergence d’une nouvelle concurrence risque donc à terme de peser sur les marges du groupe.

Pour autant, plusieurs analystes minimisent les conséquences de la décision de Bruxelles. D’une part, les fabricants chinois contournaient déjà la barrière douanière en détournant leurs ventes via des pays voisins non soumis à la taxe. Ensuite, le marché européen ne représente qu’une petite partie des bénéfices de la division briquets de Bic.

Selon Natixis, son poids sur le chiffre d’affaires et le résultat opérationnel est d’environ 4% à 5%. Cheuvreux rappelle également que, même avec la taxe antidumping, les briquets Bic étaient déjà beaucoup plus chers que les chinois, ce qui n’a pas empêché le groupe d’augmenter ses ventes de 5% depuis le début de l’année en Europe.

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