Le marché relativise le risque des briquets chinois pour Bic
La flamme de Bic s’est ternie hier après l’avis défavorable rendu par la direction générale Commerce de la Commission européenne sur le renouvellement de la taxe antidumping sur les briquets d’origine chinoise. Le cours de l’action, qui fait partie des vingt plus fortes hausses annuelles du SBF 120 (+40%), a chuté de 3,33% à 96,41 euros. A la suite de cet avis, la Commission européenne doit se prononcer d’ici au 12 décembre sur le renouvellement ou non de cette taxe de 6,5 centimes par briquet, seule barrière à l’entrée en Europe des briquets de bas de gamme et premier prix. Elle était en vigueur depuis vingt ans et permettait de doubler le prix de vente des briquets chinois.
«Nous ne comprenons pas la recommandation de la direction générale Commerce de la Commission européenne, qui va, sans raison valable, à l’encontre des intérêts de l’industrie européenne», lance Bruno Bich, le président du conseil d’administration de Bic. «En demandant le renouvellement de cette taxe, longtemps demeurée inefficace, nous demandons simplement l’application de règles de commerce équitables», ajoute-t-il. Le groupe aura la possibilité d’engager un recours devant les tribunaux européens mais la procédure est longue et coûteuse.
Selon la direction générale Commerce, Bic n’a pas démontré les dangers que pouvait représenter un éventuel dumping chinois. Les résultats records du groupe cette année ont pu également jouer en sa défaveur. Les briquets assurent à eux seuls 28% de son chiffre d’affaires mais 50% de ses bénéfices, grâce à une marge opérationnelle de près de 40%. L’émergence d’une nouvelle concurrence risque donc à terme de peser sur les marges du groupe.
Pour autant, plusieurs analystes minimisent les conséquences de la décision de Bruxelles. D’une part, les fabricants chinois contournaient déjà la barrière douanière en détournant leurs ventes via des pays voisins non soumis à la taxe. Ensuite, le marché européen ne représente qu’une petite partie des bénéfices de la division briquets de Bic.
Selon Natixis, son poids sur le chiffre d’affaires et le résultat opérationnel est d’environ 4% à 5%. Cheuvreux rappelle également que, même avec la taxe antidumping, les briquets Bic étaient déjà beaucoup plus chers que les chinois, ce qui n’a pas empêché le groupe d’augmenter ses ventes de 5% depuis le début de l’année en Europe.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran