Le marché doute du succès de l’offre d’Iliad sur T-Mobile US
L’offre surprise d’Iliad (Free) sur T-Mobile US est loin de faire l’unanimité et a entraîné un recul de 7% à 191,55 euros de l’action vendredi. Plusieurs analystes s’interrogent sur le changement de stratégie alors que le management a toujours dit qu’il était concentré à 100% sur la France. Et même si ce rapprochement n’aboutit pas, «Iliad envoie le message qu’il ne voit plus de nouveau potentiel de croissance sur son marché domestique et qu’il veut se diversifier», note Kepler Cheuvreux.
En outre, le mouvement attendu de concentration des télécoms en France s’estompe, Iliad n’ayant plus alors les moyens d’être consolidateur. Alors que les discussions achopperaient entre Bouygues Telecom et Orange sur des questions de prix, Raymond James et Nomura voient cependant dans cette annonce surprise un moyen de mettre la pression pour revoir les termes des négociations.
Conseillé par Lazard, Iliad a proposé 15 milliards de dollars (11,2 milliards d’euros) en numéraire pour 56,5% du capital de la filiale de Deutsche Telekom, soit 33 dollars par action. Le groupe compte financer cette opération par une augmentation de capital à hauteur de 2 milliards d’euros et par endettement pour le solde, soit plus de 9 milliards d’euros. Ce financement serait monté par BNP Paribas et HSBC. L’opérateur afficherait alors un niveau de levier particulièrement élevé avec un ratio dette sur Ebitda de 5 fois fin 2014, note Exane BNP Paribas.
Deutsche Telekom pourrait préférer cette offre à une fusion avec Sprint –évoquée par le marché depuis décembre 2013– en raison de l’absence de risques concurrentiels. Mais les synergies seraient bien plus faibles: Iliad les chiffre à 10 milliards de dollars, alors qu’Exane BNP Paribas les évalue à 35 milliards dans l’hypothèse Sprint.
Cette offre n’apporte «aucune valeur pour les actionnaires de T-Mobile, qui la rejetteront vraisemblablement, note Kepler Cheuvreux. [Deutsche Telekom] peut compter sur une meilleure offre de Sprint (au-dessus de 40 dollars par action) ou simplement continuer à faire croître l’entreprise». Le marché évoque une offre de Sprint en septembre à 40 dollars par action, moitié en numéraire, moitié en titres, qui «permettrait à Deutsche Telekom de ramasser 10,8 milliards de dollars et une participation minoritaire de même valeur dans la nouvelle entité», note UBS. Le courtier estime lui aussi que Deutsche Telekom devrait préférer l’offre de Sprint.
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