Le marché commence à douter du mariage Publicis-Omnicom
L’inquiétude monte autour de la fusion Omnicom-Publicis. «A ce stade, ce n’est pas évident de prédire exactement quand la transaction sera finalisée», a déclaré mardi John Wren, directeur général du publicitaire américain à l’occasion de ses résultats trimestriels. Les marchés n’aimant pas l’incertitude, l’action Publicis cédait hier 2,66% à 61,75 euros, deuxième plus mauvaise performance du CAC 40. Pour sa part, Omnicom perdait près de 2% à mi-séance, après avoir reculé de 2,27% mardi.
Les deux partenaires avaient annoncé leur mariage «entre égaux» l’été dernier. Cette opération doit donner naissance au leader mondial de la publicité avec un chiffre d’affaires 2013 de 24,2 milliards de dollars (17,5 milliards d’euros). En octobre, Omnicom anticipait la fusion dès le premier trimestre 2014, avant de la repousser un mois plus tard à la mi-2014, puis de déclarer en février que le rapprochement «extrêmement complexe» devrait être finalisé au début du troisième trimestre.
La Commission européenne a donné son feu vert sans condition dès le début janvier, et les 16 juridictions concernées regroupant 46 pays ont également donné leur autorisation, hormis les autorités chinoises, dont l’accord est toujours attendu. Mais si la Chine ne répond pas positivement avant le 16 juin, un nouveau dossier devra être soumis et le processus reprendra depuis le début, a précisé John Wren. Au-delà de ce risque, les difficultés s’avèrent plus d’ordre fiscal que concurrentiel.
Dès le départ, le nouvel ensemble avait annoncé son intention d’installer le siège social de la holding aux Pays-Bas, tout en conservant les directions opérationnelles à Paris et New York. «Contre toute attente, nous n’avons pas été en mesure, à ce stade, d’obtenir les approbations nécessaires à l'établissement du statut fiscal du futur groupe, a précisé John Wren. Si nous ne pouvons obtenir ces approbations, cela pourrait compromettre la probabilité de satisfaire les conditions nécessaires à la finalisation de notre transaction.» Faute d’accord, le nouvel ensemble chercherait à se domicilier fiscalement au Royaume-Uni.
Contacté par L’Agefi, Publicis n’était pas disponible pour préciser l’état des lieux. «Si le projet devrait échouer, WPP en sortirait gagnant, note Aurel ETC Pollak. Le groupe récupérerait sa place de numéro 1 et n’aurait alors plus besoin d’envisager des acquisitions d’envergure pour rattraper son retard sur Publicis-Omnicom».
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