Le marché automobile français s’est offert en mars un surprenant rebond
L’ampleur du regain de vigueur du marché automobile français le mois dernier a semble-t-il déjoué les pronostics. Selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), le volume des immatriculations de véhicules particuliers neufs a bondi de 8,9%, à près de 180.000 unités, portant les ventes sur le premier trimestre en territoire positif à hauteur de 2,9% (pour un nombre de jours ouvrables identiques par rapport à l’an passé sur les deux périodes).
Un dynamisme soutenu par des constructeurs français qui distancent encore un peu plus leurs concurrents étrangers avec un gain de 17,8% des volumes contre un repli de 0,5% (+10,1% contre -5,1% sur le premier trimestre). Renault grimpe de 20,6% en mars, Dacia bondissant de 52,%, et PSA Peugeot Citroën de 15,1% (+16,4% pour Peugeot, +13,5% pour Citroën). Sur les trois derniers mois, la part de marché des groupes hexagonaux s’adjuge une hausse de 3,7 points à 56,6% (+1,6 point à 30,3% pour PSA, +2,1 points à 26,3% pour Renault).
Certes, les champions locaux disposent d’une gamme en adéquation avec la vogue actuelle des petits modèles citadins, comme le rappelle Jean-François Belorgey, associé responsable du secteur automobile chez EY en France. Ce dernier s’avoue tout de même «un peu perplexe» face à l’envolée du marché en mars alors que la situation économique ne donne aucun signe d’amélioration, particulièrement sur le front du chômage et du pouvoir d’achat. A ses yeux, la modeste progression de l’âge moyen du parc automobile en France, de 0,2 an depuis fin 2011 à 8,4 années, ne constitue pas un facteur décisif. Jean-François Belorgey concède plutôt que «l’analyse sur un mois isolé peut être influencée par des pratiques commerciales à court terme». En témoigne le commentaire du directeur commercial France de Renault, Bernard Cambier, qui s’est félicité de «très bonnes opérations portes ouvertes».
Porte-parole du CCFA, François Roudier assure qu’«il faut garder une grande prudence», car «c’est encore la crise». Si «l’augmentation (en mars) est importante en pourcentage», assure-t-il, le marché reste «vraiment dans le bas de la fourchette en volume». Le CCFA se contente donc pour l’heure de confirmer sa prévision d’une hausse voisine de 1% du marché français en 2014, Bernard Cambier tablant de son côté sur un gain de 2 à 3%. Jean-François Belorgey «reste prudent» en jugeant «de plus en plus probable une croissance modérée et non une stagnation».
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