Le groupe M6, bousculé par Xavier Niel, rafraîchit son directoire
Le groupe M6 veut se projeter dans le futur avec de nouvelles figures. Le groupe audiovisuel a publié lundi soir après clôture des résultats en demi-teinte. Il a réalisé en 2022 un chiffre d’affaires de 1,35 milliard d’euros, plombé par le recul des recettes publicitaires (-4,7%), en baisse de 2,4% par rapport à celui de 2021. Dans le même temps, son résultat opérationnel courant (Ebita) hors aides publiques ressort à 334,4 millions d’euros, en hausse de 2,4% par rapport à 2021. Enfin, le résultat net part du groupe sur la période s'établit à 161,5 millions d’euros, bien loin des 216,2 millions d’euros attendus par le consensus des analystes Factset.
Ces résultats sont publiés à l’orée d’une année qui s’annonce mouvementée pour le groupe M6. A peine remis de l’échec de son projet de fusion avec le groupe TF1, il est confronté à un projet audiovisuel concurrent, porté par le milliardaire et patron de presse Xavier Niel. Tout comme le groupe TF1, le groupe M6 sera auditionné mercredi par le régulateur des médias, l’Arcom (ex-CSA), dans le cadre du renouvellement de ses fréquences. Une première depuis 1987, année de l’arrivée de M6 sur le sixième réseau hertzien : jusqu’ici, comme TF1, il avait bénéficié d’un renouvellement de ses licences sans appel à candidatures et en contrepartie d’engagements auprès du régulateur des médias.
Directoire remanié
Alors, le groupe M6 a remodelé sa gouvernance, comme il l’a annoncé lundi soir. Certes, son président Nicolas de Tavernost a conservé la confiance de son actionnaire principal Bertelsmann-RTL Group, embourbé dans des difficultés en Allemagne – il a notamment annoncé la suppression de 500 postes la semaine dernière. Mais il devait montrer la capacité de M6 à se renouveler, auprès de ses investisseurs, et deux jours avant son audition par l’Arcom.
Le groupe a donc décidé de rajeunir son directoire. Avec à la clé, le départ de trois de ses membres sur cinq – des figures historiques du groupe. Sur le départ donc, Thomas Valentin, 68 ans, grand manitou des programmes, présent au sein de la chaîne depuis ses débuts en 1987 ; Régis Ravanas, 59 ans, DG des radios ; et Jérôme Lefébure, directeur financier. Ceux-ci conservent cependant des rôles exécutifs au sein de la société.
En revanche, David Larramendy, patron de la régie M6 Publicité, est reconduit au sein du directoire, où il est « en charge des activités commerciales ».
Trois nouveaux entrants présents au sein du groupe depuis le milieu des années 2000, intègrent donc le nouveau collège du directoire, qui reste présidé par Nicolas de Tavernost, pour une durée de trois ans. Karine Blouët, 53 ans, y sera « en charge des affaires publiques ». Cette diplômée de Polytechnique et de l’Ensae Paris, passée par Bercy, était jusqu’à présent sa secrétaire générale. Autre nouvel arrivant, Henri de Fontaines, 48 ans, jusqu’alors directeur de la stratégie et du développement du groupe M6. Enfin, Guillaume Charles, qui a rejoint le groupe M6 en 2008 en tant que directeur de la stratégie et du développement, intègre le directoire en charge des antennes et des contenus. Les trois personnalités entrantes rejoignent en parallèle le comité exécutif.
En outre, le groupe avalise un partenaire déjà présent à son capital depuis fin 2022 : Rodolphe Saadé, PDG de l’armateur marseillais CMA-CGM et propriétaire de La Provence, a été coopté au conseil de surveillance de M6.
Ces nouveaux dirigeants devront batailler face au trublion Xavier Niel, candidat à la reprise de la fréquence TNT de M6. En attendant la nouvelle feuille de route du groupe, principalement axée sur la poursuite et l’accélération de ses projets en matière de streaming vidéo.
Plus d'articles du même thème
-
M6 retrouve la fréquence du succès et ravive les espoirs des investisseurs
Tiré par l'effet Coupe du monde de football, le groupe audiovisuel a signé son "meilleur trimestre historique" sur les cibles commerciales et son "meilleur trimestre depuis 25 ans sur l'ensemble du public". De quoi susciter un regard neuf des investisseurs. D'autant que les braises spéculatives sur son contrôle ne sont pas totalement éteintes. -
Universal Music Group remonte le son en Bourse et donne le tempo à Vivendi
Porté par une bonne dynamique d'abonnement et des hausses tarifaires, le géant de la musique efface en partie ses pertes boursières estivales et redonne des couleurs à Vivendi, son principal actionnaire avec Vincent Bolloré. -
Bouygues déprécie la valeur de TF1 dans ses comptes de 569 millions d'euros
La valeur du groupe de télévision retenue par le géant du BTP est ramenée à 2 milliards d'euros après les mauvais chiffres enregistrés par TF1 au troisième trimestre.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre -
Etats-Unis : Pete Hegseth dans l’œil du cyclone après la déroute républicaine aux midterms
Artisan de la guerre en Iran, qui a lourdement pesé dans la déroute républicaine aux élections de mi-mandat, Pete Hegseth pourrait faire l’objet d’un vote de mise en accusation dès la semaine prochaine. Donald Trump assure vouloir conserver son chef du Pentagone, mais s’interrogerait en coulisses sur l’opportunité de le remplacer -
Colère sociale : une nouvelle journée de mobilisation s'ouvre dans un contexte budgétaire tendu
Syndicats, organisations de jeunesse et gilets jaunes appellent à manifester ce samedi 7 novembre contre la vie chère, pour le quatrième week-end consécutif. Une nouvelle journée redoutée par les commerçants, à deux jours d’une conférence sociale que le gouvernement aborde sans budget voté