Le groupe hospitalier HCA donne l’exemple pour son retour en Bourse
HCA n’a pas le blues. Le groupe hospitalier basé à Nashville, dans le Tennessee, et racheté par des fonds en 2006, revient aujourd’hui en Bourse par la grande porte, son introduction ayant suscité un grand engouement de la part des investisseurs. Alors que le groupe visait la vente de 124 millions de titres, 126,2 millions ont finalement été cédés, à un prix unitaire de 30 dollars correspondant au point haut de la fourchette indicative de 27 à 30 dollars. HCA récolte ainsi un total de 3,79 milliards de dollars. Soit selon Reuters la plus importante opération d’entrée en Bourse de New York soutenue par des fonds de private equity jamais enregistrée.
HCA est sorti de la cote dans le cadre d’un rachat de 21 milliards de dollars, hors dette, par un consortium composé de KKR, Bain Capital, Bank of America, Citigroup ainsi que du fondateur du groupe, Thomas Frist. Le retour en Bourse de HCA leur permettra selon Reuters de tripler leur mise de 2006, après notamment le versement l’an dernier d’un dividende de plus de 4 milliards de dollars.
Et déjà certains parient sur le rôle actif que le groupe pourrait jouer dans la consolidation du secteur de la santé, pourquoi pas dans le rachat proposé de Tenet Healthcare par Community Health Systems, pour 3,3 milliards de dollars.
Le groupe ne présente pas moins certains risques pour l’investisseur, à commencer par son niveau de dette (27 milliards de dollars en moyenne en 2010) ou encore les pressions concernant les modalités du financement public du secteur de la santé. Mais la soif de nouvelles valeurs sur le marché ainsi que la récurrence des revenus du groupe ont été les plus fortes.
Mieux, l’opération pourrait encourager d’autres sociétés de private equity à franchir le pas et mettre en Bourse des sociétés acquises au plus haut de la bulle du crédit entre 2005 et 2007. Reuters cite ainsi Bill Buhr, le stratégiste spécialisé sur les IPO de Morningstar, qui assure que «si vous pouvez placer avec succès une opération de 3 milliards de dollars pour un opérateur hospitalier qui a de vilains défauts, alors beaucoup d’autres opérations peuvent être désormais engagées». A ses yeux, «la fenêtre n’a jamais été aussi ouverte au cours des cinq ou six dernières années». Bloomberg souligne que déjà les groupes détenus par des sociétés de private equity ont représenté 80% des fonds levés en Bourse aux Etats-Unis depuis le début de l’année.
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