Le groupe espagnol Codere pourrait animer le marché des CDS
Nouvelle enchère en perspective sur le marché des CDS ? Codere, le groupe espagnol de machines à sous et de salles de jeux, a trouvé in extremis un accord avec ses créanciers le 13 septembre pour éviter un défaut de paiement sur 300 millions de dollars d’obligations d’échéance 2019 qui aurait rendu ses passifs aussitôt exigibles et précipité une restructuration de dette. Mais le retard pris dans le paiement du coupon pourrait constituer un motif de déclenchement des contrats dérivés qui assurent la dette de la société.
Codere devait à l’origine payer son coupon le 15 août, mais avait bénéficié d’une période de grâce de 30 jours. A la suite de l’accord trouvé vendredi dernier, l’entreprise a obtenu de ses créanciers une hausse de 35 millions d’euros de ses facilités de crédit jusqu’au 5 janvier, ce qui devrait lui permettre de faire face à un paiement de coupon en euros en décembre. Elle s’est également engagée à verser le coupon couru sur ses obligations en dollars, mais aujourd’hui seulement, soit avec deux jours de retard sur la fin de la période de grâce. «Cela devrait constituer un événement de crédit de type ‘failure-to-pay’ pour les CDS», relevait hier Chris Snow, analyste chez CreditSights.
Le «failure-to-pay» couvre en effet le cas où la signature qui sert de référence aux credit default swaps ne paie pas ses coupons à l’expiration de sa période de grâce, selon la définition de l’International swaps and derivatives association (Isda). Comme toujours, cette dernière a le dernier mot pour décider de déclencher les contrats. Il faut au préalable qu’elle soit saisie d’une demande de la part d’un créancier. «Aucune question regardant Codere n’a été encore transmise au Comité de détermination des dérivés de crédit de l’Isda», indiquait hier après-midi un porte-parole de l’association professionnelle à L’Agefi.
Codere servait de référence à 3.192 contrats de CDS pour un montant notionnel brut de 10 milliards de dollars et un notionnel net de 444 millions d’euros à la date du 6 septembre, d’après les statistiques de la chambre américaine DTCC. Ses obligations 2019 traitaient hier à 49% du pair. Le groupe espagnol, présent également en Italie, au Mexique et en Amérique latine, affichait une dette nette de 1,1 milliard d’euros au 30 juin, soit 4,2 fois l’Ebitda ajusté en base annuelle, selon les calculs de CreditSights.
Plus d'articles du même thème
-
Adyen déçoit sur sa rentabilité et chute en Bourse
Le spécialiste des paiements a réduit sa cible de marge d'Ebitda pour cette année en dépit d'une hausse plus forte que prévu de ses revenus au troisième trimestre. -
Unilever mise sur l’effet prix pour maintenir la croissance de ses ventes
Le groupe de biens de consommation relève légèrement son objectif de croissance des volumes en 2026, d’environ 3% à au moins 3%, et vise une hausse de 5% du chiffre d’affaires au second semestre, au lieu d’une fourchette de 4% à 5%. -
Alan gagne la Sécu, et vise désormais les étudiants
L’assureur emporte le contrat santé d’au moins 150.000 personnes et gagne aussi le marché du département de l’Orne, illustrant à nouveau sa capacité à occuper aussi le terrain de la fonction publique territoriale.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Dette française : le piège de l’argument patrimonial
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
Contenu de nos partenaires
-
Le coût de la guerre en Iran pour les Etats-Unis ? 47 milliards de dollars
Le Pentagone a révélé au Congrès le montant de la campagne militaire de Donald Trump contre le régime iranien. La note est salée et continue de s'aggraver -
« Des résultats impressionnants » : le FMI félicite Javier Milei et lui accorde 900 millions de dollars de prêts
Après avoir ralenti l’inflation et réduit les dépenses publiques, Javier Milei a convaincu l’instance internationale de verser une nouvelle aide dans le cadre d’un programme de relance -
Tribune libreMarc Fesneau : « L'AMF est prise en otage par son président David Lisnard »
Dans une tribune à l'Opinion, le député MoDem Marc Fesneau dénonce le mélange des genres du maire de Cannes, candidat à sa succession à la tête de l'AMF et candidat à la présidentielle, et qu'il accuse de créer «les conditions d’une grande alliance avec le RN»