Le gouvernement veut clarifier l’avenir de la branche transports d’Alstom
Jamais les résultats annuels d’Alstom n’auront été autant suivis. Pas pour les quelque 7% de marge opérationnelle que le fabricant de turbines et de trains devrait annoncer ce matin. Ni pour la prévision d’un nouveau déclin de la marge cette année.
L’attention sera focalisée sur les commentaires que Patrick Kron, le PDG du groupe, voudra bien faire sur l’avancée des discussions avec General Electric et éventuellement Siemens. Le groupe américain a déjà déposé la semaine dernière une offre ferme de 12,35 milliards pour reprendre les activités d’Alstom dans l’énergie. L’allemand, qui dévoile un nouveau plan stratégique (lire page 20), réfléchit toujours à présenter une offre, vivement incité par le gouvernement français.
«Il y a une autre offre (celle de Siemens, ndlr) : on va essayer de la faire apparaître si elle est meilleure», a indiqué hier le président de la République, François Hollande, lors de son intervention sur BFM TV et RMC. L’objectif de l’Elysée et du gouvernement vise notamment à pousser les repreneurs à offrir une solution pour la branche de transports ferroviaires d’Alstom, non comprise dans le projet initial de GE. Ce dernier exploite une division ferroviaire, mais celle-ci est concentrée sur les locomotives diesels et les systèmes de signalisation, et non sur le marché des trains de passagers (TGV, tramways, métros) comme Alstom. Un tel rapprochement offrirait donc peu de complémentarité et de synergies.
Un rapprochement avec la division ferroviaire de Siemens ferait plus de sens. La SNCF, la RATP et RFF, premiers clients d’Alstom, se sont prononcés hier en faveur d’une solution «européenne». Le nouvel ensemble se positionnerait juste derrière les deux premiers mondiaux, les chinois CSR et CNR, sur le marché des trains de passagers. Le groupe allemand s’est d’ailleurs déclaré prêt à apporter à Alstom ses activités ferroviaires. Mais les contours exacts de ces apports d’actifs (trains, métros, signalisation…) restent encore flous.
Enfin, reste la question des passifs. Dans son offre, GE s’est engagé à reprendre 0,9 milliard d’euros de passifs nets, ce qui laisserait plus de 1,6 milliard d’obligation de retraite et 1,8 milliard de provisions pour risques et charges au bilan d’Alstom. L’élargissement du périmètre repris par GE ou Siemens permettrait de régler la question de ces passifs.
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