Le futur patron d’EDF veut réformer le mécanisme d’accès à l’électricité nucléaire
Le mécanisme de l’Arenh est «à bout de souffle», a déclaré mercredi le candidat de l’Elysée pour prendre la tête de l'électricien EDF, Luc Rémont, lors d’une audition devant la commission des Affaires économiques du Sénat.
Le mécanisme d’accès régulé à l'électricité nucléaire historique a permis de protéger les consommateurs d’une hausse excessive des prix mais l’objectif de créer de la concurrence dans le secteur n’a pas été atteint «puisqu’il n’y a pas d’investissement en dehors d’EDF», a indiqué Luc Rémont.
«Clairement, il faut réformer le système», a ajouté Luc Rémont, soulignant que, n'étant pas encore dans l’entreprise, il ne pouvait pas encore se prononcer sur la marche à suivre.
Trois faiblesses et trois axes
Il a tout de même mis en avant trois faiblesses du cadre actuel : focalisation sur le court terme, des prix de l’électricité formés sur ceux du gaz, alors que l’électricité provient de moins en moins du gaz, et un manque de flexibilité.
Luc Rémont s’est aussi fixé trois axes stratégiques : les clients, la production, le réseau. D’une part, accompagner les clients d’EDF dans la gestion de l’énergie et mettre plus de flexibilité dans le système électrique. D’autre part, être en mesure de produire suffisamment à terme, dans le nucléaire en faisant face à la «falaise» du parc actuel français et en lançant rapidement le nouveau programme nucléaire français ; dans l’hydraulique, en relançant ce segment ; dans le renouvelable, en accélérant, en France et dans le monde. Et enfin, accompagner la transition des réseaux vers un monde plus décentralisé.
Luc Rémont a insisté sur l’importance de la R&D et de la présence d’EDF à l’international. Il compte présenter une feuille de route au printemps prochain. Face aux interrogations sur cette feuille de route, Luc Rémont assure : «Je ne viens pas pour mettre en œuvre un projet d’organisation préétabli» et «ma feuille de route est de faire réussir EDF» et non de le démanteler.
Une nomination à valider
Le président de la République, Emmanuel Macron, a proposé fin septembre la nomination de Luc Rémont au poste de président-directeur général d’EDF. Cette nomination doit être validée par les commissions compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Après son audition au Sénat, Luc Rémont s’exprimait devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale ce mercredi à partir de 11h00. Les députés RN, Insoumis et LR ont annoncé qu’ils voteront contre sa nomination.
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