Le fonds Pardus conteste la « passivité » de la direction de Valeo
Pardus est mécontent de la valorisation de Valeo. Et il le fait savoir. Dans une lettre ouverte adressée le 15 avril au président du conseil d’administration du groupe, et rendue publique hier par Reuters, le fonds activiste américain reproche à la direction de l’équipementier automobile de ne pas faire davantage pour remédier à l'écart de valorisation entre l'équipementier automobile et ses concurrents.
«Malgré les efforts du management pour améliorer la performance opérationnelle de la société, nous restons profondément déçus de voir Valeo afficher la plus mauvaise valorisation du secteur. Nous avons abordé la question avec Jacques (Aschenbroich, directeur général de Valeo). Sa passivité à l'égard de ce problème a été encore plus surprenante et décevante que le cours de l’action Valeo lui-même», lance Pardus. Selon les calculs du fonds, Valeo devrait augmenter de 87% son ratio valeur d’entreprise sur excédent brut d’exploitation pour atteindre la moyenne du secteur. Le cours de l’action Valeo stagne depuis le début de l’année alors que celui de Faurecia, par exemple, a gagné 25%.
Le fonds s’interroge aussi sur les velléités du groupe en matière d’acquisitions. «Le marché ne croit pas que la stratégie du management puisse créer de la valeur, et après l’annonce de l’opération Niles (le rachat de l'équipementier japonais pour 320 millions d’euros, ndlr), nous pensons que le marché craint que le management ne détruise de la valeur», ajoute Pardus.
Pardus demande donc à ce que cette question soit abordée lors de l’assemblée générale de Valeo qui doit se tenir le 8 juin prochain. La direction du groupe se dit tout à fait prête à ouvrir un débat, sans vote, à cette occasion. Le fonds devrait ainsi avoir la possibilité d’interroger directement la direction du groupe devant les autres actionnaires.
Entré au capital de Valeo en 2006 pour le pousser à se rapprocher d’un concurrent, Pardus ne détient plus que 3,17% de l’équipementier automobile contre 20% au plus haut de la bataille avec la direction il y a deux ans. Il n’est plus représenté au conseil d’administration depuis la démission, en août 2010, de son dernier représentant. Un bon connaisseur du dossier fait remarquer que «Pardus ne devait pas être si mécontent de la valorisation de Valeo puisqu’il a fortement allégé sa position ces derniers mois».
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