Le fonds de pension de British Telecom transfère son risque de longévité
BT couvre une partie de son risque de longévité. L’opérateur télécoms britannique a conclu un accord de réassurance avec Prudential Insurance Company of America (Prudential Financial) qui porte sur un quart de l’exposition de son fonds de retraite «BT Pension Scheme» au risque de longévité, soit 16 milliards de livres d’engagements.
Le Fonds monétaire international estime qu’un allongement de l’espérance de vie d’une année supplémentaire accroît les engagements d’un fonds à prestations définies de l’ordre de 3% à 4%. Le fonds de pension de BT compte quelque 320.000 membres. Dans ce cadre, le groupe a créé sa propre société d’assurance, qui vient se réassurer auprès de son partenaire américain. Towers Watson et Allen & Overy ont conseillé BT, avec le soutien également de Hogan Lovells.
L’opération constitue le plus important transfert de risque de longévité jamais enregistré, dépassant l’accord scellé en mars entre Aviva, Swiss Re, Munich Re et Scor (5 milliards de livres). Le même mois, Akzo Nobel concluait un accord de 3,6 milliards de livres pour le fonds hérité du rachat d’Imperial Chemical Industries en 2008. A la fin du mois de mars, le fonds de retraite de BT affichait 46,7 milliards de livres d’engagements pour 40 milliards de livres d’actifs. BT éponge actuellement un déficit de financement de 325 millions de livres chaque année. Un montant qui pourrait monter à 500 millions de livres à l’issue de la révision triennale du plan qui a débuté fin juin, estiment les analystes. Le groupe a indiqué que la transaction n’affecterait pas pour le moment sa contribution au fonds.
«Nous prévoyons que d’autres fonds de retraite prendront la suite en recourant à ce mécanisme efficace d’un point de vue économique», a commenté Ben Stone, spécialiste du risque retraite chez PricewaterhouseCoopers. «Couvrir le risque de longévité de cette façon pourrait devenir la norme», a-t-il ajouté, alors que le marché mondial de la réassurance montre un solide appétit pour ce créneau.
Depuis Babcock en 2009, premier groupe britannique sur cette voie, le montant des opérations a atteint près de 32 milliards de livres. Un total qui grimpe de près de moitié grâce à l’opération de BT, ont relevé les consultants d’Aon Hewitt.
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