Le dividende de France Télécom n’est plus une valeur sûre
Lors de la dernière assemblée générale de France Télécom, l’Etat a voté contre une résolution de salariés demandant une baisse du dividende. Le premier actionnaire de l’opérateur devrait néanmoins se résoudre à voir diminuer le milliard d’euros que lui reversait le groupe chaque année. Lors de récentes réunions avec les investisseurs, la direction de France Télécom a fortement insisté sur sa volonté de réduire l’endettement, à environ 2 fois l’Ebitda fin 2014, contre un ratio de 2,2 actuellement. Une priorité qui, compte tenu de la baisse attendue de l’Ebitda au cours des deux à trois prochaines années, sous-entend une entaille dans le dividende.
Les analystes d’Exane BNP Paribas ont beau tourner les chiffres dans tous les sens, l’objectif de désendettement serait impossible à tenir si le dividende était maintenu autour de 1 euro par action comme attendu actuellement par le consensus. Selon eux, après l’acompte de 0,58 euro par action payé mi-septembre, le solde versé au titre de 2012 pourrait être réduit à 0,4 euro contre 0,58 attendu, soit un coupon total de 0,98 euro. Le dividende total au titre de l’exercice 2013 pourrait tomber à 0,75 euro, calcule Exane. Oddo espère 0,8 euro.
Même s’il perçoit les revenus de location de son réseau à Free Mobile, France Télécom n’est pas totalement immunisé contre les conséquences de cette nouvelle concurrence, notamment contre la baisse généralisée des prix. Selon Morgan Stanley, l’Ebitda de l’opérateur dans le mobile en France devrait être amputé au total de 1,3 milliard d’euros entre fin 2011 et 2015. Conséquence directe, amplifiée par la concurrence dans le fixe en France ou les difficultés sur le marché espagnol, le cash-flow disponible du groupe devrait encore chuter de 15% en 2013 après une baisse de 17% en 2012, estime Morgan Stanley.
En taillant dans son dividende, France Télécom imiterait plusieurs de ses concurrents, comme Telefonica. Pas forcément surprenant, et justifié par la maîtrise de l’endettement, le sacrifice ne serait pas trop négatif pour la valeur, estime ainsi Exane. Le courtier rappelle d’ailleurs que ce n’est pas tant le risque de réduction de 23% du dividende qui inquiète mais bien le déclin de 2% à 3% de l’Ebitda. Enfin, même avec un dividende à 0,75 euro, l’action offrirait encore un rendement de 7,5% au cours actuel de 10 euros, soit quasiment un point au-dessus de la moyenne du secteur.
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