Le calvaire boursier de Soitec se poursuit après des prévisions décevantes
Le titre Soitec dévisse de nouveau jeudi à la Bourse de Paris alors que le fabricant de matériaux avancés pour l’industrie des semi-conducteurs a dévoilé des prévisions prudentes dans le sillage d’un chiffre d’affaires semestriel en net repli, comme attendu par le groupe et les analystes.
En Bourse, Soitec a chuté de 30%, à 24,12 euros, touchant au passage un nouveau plus bas depuis 2017. L’action perd désormais 72% depuis le début de l’année et plus de 80% en deux ans.
Le groupe reste pénalisé par la faiblesse de la demande sur ses principaux marchés finaux, à savoir l’automobile, industrie et l'électronique grand public.
Pour la période d’avril à septembre, le chiffre d’affaires de Soitec s’est établi à 231 millions d’euros, en baisse de 32% par rapport au premier semestre de l’exercice précédent. Il a notamment été plombé par la chute des revenus de la division «automobile & industries» (-74% à 15 millions d’euros) et par un repli de 31% de ceux des «communications mobiles», à 119 millions d’euros.
Le chiffre d’affaires du groupe pour le semestre écoulé est conforme aux anticipations des analystes.
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Prévisions décevantes
Le groupe grenoblois a fait état d’une perte nette de 67 millions d’euros, contre un bénéfice net de 14 millions d’euros à la même période de l’exercice précédent. Ce résultat inclut une perte de valeur de 41 millions d’euros sur les produits SmartSiC, dont les perspectives de marché ont été revues à la baisse du fait d’une intensification de la concurrence de la part d’acteurs chinois, a précisé Soitec. Le groupe a également passé une dépréciation de 3 millions d’euros à la suite de la cession de Dolphin Design et enregistré une perte de change exceptionnelle, non-cash, de 19 millions d’euros.
Selon un consensus compilé par FactSet, les analystes anticipaient en moyenne une perte nette de 30 millions d’euros au premier semestre.
«Pour le reste de l’exercice, les conditions de marché restent difficiles, particulièrement en communications mobiles où les clients continuent d’ajuster leurs stocks de RF-SOI», a indiqué le groupe. Ce phénomène de déstockage n’est pas fini, a prévenu Soitec. «Nous prévoyons une poursuite de la correction au second semestre et jusqu’au cours de l’exercice 2026-2027» qui débutera en avril prochain, a indiqué le directeur général du groupe, Pierre Barnabé, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.
Dans ce contexte, Soitec a lui aussi pris des mesures pour réduire ses stocks. Des mesures de chômage partiel seront mises en place au second semestre afin d’accompagner une baisse de la production des usines françaises du groupe. Cette réduction volontaire de la production entraînera une sous-utilisation des capacités et pèsera sur la marge brute, a prévenu le directeur financier du groupe, Albin Jacquemont. Le groupe prévoit également une réduction de ses dépenses d’investissements, à 140 millions d’euros pour l’exercice en cours contre 230 millions en 2024-2025.
«Soitec a donné des prévisions de chiffre d’affaires pour le troisième trimestre de l’exercice décalé 2025-2026 en hausse de l’ordre de 7 à 9% en séquentiel, alors que le consensus était à 22%», relèvent les analystes d’UBS. En supposant une croissance séquentielle de 7% sur les trois derniers mois de 2025 puis de 51% au quatrième trimestre, tel qu’attendu par le consensus avant cette publication, les spécialistes de la banque suisse calculent que les ventes sur l’ensemble de l’exercice seraient inférieures de 5 à 10% aux attentes. Dans ces conditions, ils s’attendent à ce que le consensus «diminue de 10 à 15% pour l’exercice 2026".
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