Le bénéfice net de GDF Suez ploie sous les dépréciations d’actifs
Un «ajustement comptable réversible». Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez a beau modérer la portée des 2 milliards d’euros de dépréciations d’actifs corporels annoncés hier, la perte de valeur démontre l’ampleur des difficultés opérationnelles rencontrées par le groupe, principalement en Europe. La branche Energie Europe concentre à elle seule 1,5 milliard d’euros de pertes de valeurs, dont 513 millions sur une seule centrale thermique aux Pays-Bas et 467 millions pour les actifs français.
Créée il y a un an, et confiée à Jean-François Cirelli, la branche Energie Europe ressemble aujourd’hui à un cadeau empoisonné pour l’ancien PDG de GDF. La profitabilité des centrales à gaz du groupe en Europe est mise à mal par la baisse de la consommation d’électricité sous l’effet du ralentissement économique mais aussi de la concurrence des équipements au charbon ou aux énergies renouvelables. GDF Suez a donc été contraint en 2012 de fermer ou de mettre «sous cocon» des centrales représentant environ 7% de sa puissance installée en Europe. Et si le groupe a annoncé en décembre dernier un renforcement de son plan d’économies, ces efforts permettront simplement de compenser la dégradation des performances opérationnelles. En 2013, l’excédent brut d’exploitation de la branche (Ebitda) devrait rester «sous pression», reconnaît GDF Suez, après avoir progressé de 2,5% en 2012.
Au total, en ajoutant les pertes de valeur sur certaines participations, comme celles dans l’opérateur gazier allemand Gasag ou dans l’italien Acea, GDF Suez a essuyé 2,47 milliards d’euros de dépréciations d’actifs en 2012. Conséquence, le bénéfice net dérape de 61% pour tomber à 1,55 milliard d’euros. L’effort de vérité du groupe sur la valeur de ses actifs épargne en revanche les survaleurs. Celles-ci représentent encore au bilan 30 milliards d’euros, pour une capitalisation boursière de 34 milliards.
Face à cet environnement dégradé, et compte tenu d’une situation financière tendue par le rachat il y a un an des actionnaires minoritaires d’International Power, GDF Suez va poursuivre ses cessions d’actifs. 11 milliards d’euros de cessions sont prévus entre 2013 et 2014, principalement sur les marchés matures, ce qui entraînera de fait une atrophie de l’Ebitda consolidé de l’ordre de 1,4 milliard d’euros en deux ans.
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