Le 737 Max a raison des objectifs financiers de Boeing

Toutefois, le marché estime que le groupe aéronautique a limité la casse au premier trimestre.
Antoine Landrot
Boeing 737 Max
En raison de l’immobilisation des 737 Max à travers le monde, Boeing a réduit la cadence de sa production.  -  Crédit Boeing.

La publication hier des comptes du premier trimestre 2019 a été l’occasion pour Boeing de faire le premier point sur sa situation financière depuis la crise du 737 Max – son modèle phare cloué au sol depuis deux accidents survenus en cinq mois et qui ont provoqué la mort de 346 personnes, le dernier ayant eu lieu le 10 mars.

Le groupe aéronautique américain a suspendu ses prévisions annuelles jusqu’à nouvel ordre «en raison de l’incertitude entourant la date et les conditions de la remise en service de la flotte de 737 Max». Il a également interrompu son programme de rachat d’actions, précisant que les 2,3 milliards de dollars de rachats réalisés au cours du trimestre avaient eu lieu avant la mi-mars.

En raison de l’immobilisation des 737 Max à travers le monde, le rythme de production de l’appareil a été réduit de 52 à 42 unités par mois pour préserver la génération de trésorerie de l’avionneur; le directeur financier Greg Smith a précisé hier que la cadence serait à nouveau réduite en cas de besoin. Au premier trimestre, Boeing n’a livré que 89 avions de l’ensemble de la gamme 737 (dont 57 versions Max), soit un tiers de moins qu’un an plus tôt.

Aucune date de remise en service du 737 Max n’a été communiquée. Boeing a indiqué la semaine dernière avoir effectué le dernier essai en vol de la mise à jour du logiciel anti-décrochage (mis en cause dans les deux accidents) avant sa soumission pour homologation à la FAA, l’autorité aérienne américaine.

Boeing a précisé que la hausse du coût des pièces du 737 Max, dont le prix évolue à l’inverse des volumes commandés, la mise à jour du logiciel et les frais de formation des pilotes l’ont conduit à passer un milliard de dollars (894 millions d’euros) de charges dans ses comptes du premier trimestre.

Toutefois, les investisseurs ont plutôt bien réagi hier, l’action Boeing s’adjugeant jusqu’à 1,91% en séance, avant de terminer en hausse de 0,43%, à 375,64 dollars. Le bénéfice net du groupe a reculé de 13% sur un an au premier trimestre, à 2,15 milliards de dollars. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action (BPA) a reculé de 45 cents à 3,16 dollars, faisant un peu moins bien que le consensus FactSet, établi à 3,19 dollars. Mais les investisseurs ont apprécié les 2,3 milliards de dollars de flux de trésorerie disponible dégagés par Boeing, un montant stable sur un an. En outre, le chiffre d’affaires de la branche défense, espace et sécurité a augmenté de 2% à 6,61 milliards de dollars, contre un consensus de 6,39 milliards, tandis que celui des services a crû de 17% à 4,62 milliards de dollars, au lieu des 4,45 milliards attendus par les analystes.

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