L’avertissement massif de Saipem jette un froid sur le secteur parapétrolier
Contrôlé à 43% par ENI, Saipem aura fort à faire pour regagner la confiance des investisseurs après un avertissement sur ses bénéfices ayant fait chuter l’action de 34,3% hier. A cela s’ajoute l’ouverture d’une enquête du régulateur boursier italien (Consob), suite à un placement de 10 millions de titres réalisé le 28 janvier au soir.
Pour 2012, le groupe de services pétroliers a révisé en baisse de 6% sa prévision de bénéfice d’exploitation à 1,5 milliard d’euros et de 10% son objectif de résultat net à 900 millions, invoquant «un quatrième trimestre moins dynamique dans la construction ‘onshore’ et un succès limité dans la négociation d’avenants contractuels».
L’exercice 2013 marquera une vraie rupture, avec un bénéfice d’exploitation et un résultat net divisés par deux d’une année sur l’autre, sous l’effet de la fin de contrats particulièrement rentables, du retard dans l’attribution de nouveaux projets et de la mise en route de contrats moins bien margés. Le bénéfice d’exploitation de la construction onshore devrait plonger de 80%, contre une chute de 70% dans l’offshore. Seule la division forage verra sa rentabilité progresser. Avec des investissements maintenus autour d’un milliard d’euros, l’endettement net s’améliorerait légèrement par rapport aux 4,3 milliards prévus à fin 2012, mais «l’évolution du BFR sera à surveiller», estime Natixis.
A l’horizon 2014, le rebond significatif attendu par le groupe «ne permettra pas de renouer avec le niveau de rentabilité de 2011», pronostique Banca Akros. De plus, «environ 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires restant à gagner dépendent de contrats dans le gaz naturel liquéfié, qui ont un profil irrégulier», relèvent les analystes de Deutsche Bank. Les conclusions de la revue opérationnelle approfondie engagée par la nouvelle direction sous l’égide d’Umberto Vergine, directeur général depuis le 5 décembre dernier, seront dévoilées au printemps.
Cet avertissement «renforce notre point de vue selon lequel la capacité de cette industrie à générer des bénéfices avec des risques relativement limités a fléchi», en conclut Nomura. Technip pourrait ainsi émettre des prévisions plus conservatrices pour le redressement de sa division Subsea «en raison du coût de démarrage de nouveaux navires entrant en service», avance CM-CIC Securities. Le titre Technip a perdu 7,1% à Paris, tandis que l’action CGG Veritas a cédé 4,2%.
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