L’Autorité de la concurrence fourmille d’idées pour stimuler la croissance
Toujours plus active depuis sa création en 2009 sur les fronts de ses deux missions centrales que sont le contrôle des opérations de concentration et la répression des pratiques anticoncurrentielles (abus de position dominantes et ententes), et en dépit de moyens «objectivement faibles» selon son président Bruno Lasserre, l’Autorité de la concurrence se fait fort d’apporter sa contribution aux efforts déployés par le gouvernement pour «libérer l’économie».
Cela dans le cadre du «développement d’une politique de l’offre destinée à restaurer la compétitivité des entreprises», comme le revendique l’Autorité au sein de son rapport annuel 2013 publié hier.
Il s’agit d’«éclairer les pouvoirs publics» en étant selon Bruno Lasserre «le gendarme mais aussi l’avocat de la concurrence». Si cette dernière «dérange, en créant un désordre transitoire», elle est aussi source d’emplois, souligne l’ancien membre en 2008 de la Commission pour la libération de la croissance française. L’Autorité entend de la sorte «identifier les points de blocage» liés à des situations de rentes ou de monopoles, afin de «déverrouiller l’économie».
Certains secteurs font ainsi l’objet d’une «vigilance particulière» selon le rapport de l’Autorité, Bruno Lasserre mettant en lumière ceux relevant des «dépenses contraintes» du consommateur comme la santé (distribution des médicaments), l’énergie (tarifs sociaux du gaz et de l’électricité) ou le transport (maintenance automobile, taxis et VTC). Bien souvent les évolutions technologiques imposent la remise en cause de l’ordre établi. Il convient d’«anticiper, d’accompagner ces mouvements» inéluctables, assure Bruno Lasserre.
Tout nouveau cheval de bataille en la matière, les professions réglementées, au sujet desquelles l’Autorité vient d’être saisie d’une demande d’avis de la part du ministre de l’Economie Arnaud Montebourg. Le gendarme de la concurrence va «évaluer si la tarification actuelle est cohérente avec les coûts réellement engagés en vertu des obligations d’intérêt général» par les notaires, huissiers ou autres greffiers des tribunaux de commerce.
L’an passé, l’Autorité de la concurrence a rendu 201 décisions (contre 185 en 2012) concernant les concentrations, et 96 au premier semestre 2014, dont près de la moitié (47%) touchent depuis dix-huit mois le commerce de détail.
Plus d'articles du même thème
-
Kering et L'Oréal avancent d'un an la mise en oeuvre de leur accord de licence Gucci
Le groupe de luxe rachète à Coty l'année de licence qui lui restait pour vendre des produits Gucci pour 400 millions de dollars. L'Oréal, qui a annoncé le rachat des activités dans la beauté de Kering, assumera 70% de ce coût. -
La Banque de France lance une chaire sur le risque nature
La moitié du PIB mondial dépend directement de la nature, un risque encore mal intégré dans les modèles économiques que plusieurs institutions entendent mieux mesurer. -
Le GPIF continue à prendre du volume
Le plus important fonds de pension du monde, le Government Investment Pension Fund (GPIF) vient de publier ses résultats pour 2025. Ceux-ci confirment la croissance du sumo de la retraite des Japonais.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
- Les actions coréennes approchent du bear market
Contenu de nos partenaires
-
UrgenceAdaptation des écoles à la canicule : le grand rafistolage va commencer !
L’Etat s'apprête à publier la liste des 2 500 écoles à adapter aux canicules en priorité avec des solutions simples et peu coûteuses : stores, volets, protections à scratchs et ventouses, ventilation nocturne, brasseurs d'air... Et pourquoi pas des couvertures de survie -
Série (3/15)Love story et recomposition politique : le jour où Bayrou a rallié Macron
SERIE (3/15). A l’occasion du Tour de France 2026, l’Opinion parcourt l’étape du jour à la recherche des traces de la décennie Macron. Mercredi 8 juillet, le peloton ira de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) à Pau (Pyrénées-Atlantique), l'ancien fief du président du MoDem et allié historique du président de la République -
PrésidentielleMarine Le Pen choisit le tribunal des urnes
Ni empêchée, ni réhabilitée, Marine Le Pen a décidé d’ouvrir une troisième voie pour se présenter à la présidentielle. Celle d’un pourvoi en cassation qui suspend sa peine, malgré le risque de se voir imposer un bracelet électronique début 2027